Top 7 des meilleures formes d’apprentissage à découvrir

Le choix d’une méthode d’apprentissage est un facteur essentiel dans la réussite de la démarche de transmission. Elle constitue le canal principal qui fait circuler l’eau dans toute la ferme. Surtout, pour les enfants en difficulté scolaire, il faut ré-adapter tout le temps la manière de les enseigner. Et aujourd’hui, savoir passer d’une méthode à l’autre dans un même cours avec aisance est crucial. Donc, voici les 7 formes d’apprentissages que je vous propose de découvrir.

Via https://www.dbl-diabete.fr/

1. L’apprentissage par essai et erreur

L’apprentissage par essai et erreur a été l’objet de recherches d’un des grands spécialistes de l’apprentissage, Edward Lee Thorndike (1874-1949). Ce dernier a même émis une théorie sur le sujet. Selon lui, l’essai fait partie de l’apprentissage. Parce que celui-ci  donne l’occasion d’explorer d’autres pistes de solution malgré les erreurs qui s’accumulent. Donc on élimine graduellement les réactions ou les réponses incorrectes jusqu’à ce qu’on arrive à trouver la solution, par hasard ou pas. À ce moment, on aura appris non seulement la solution mais les erreurs à éviter.

Selon la légende,  Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule  électrique, a fait 999 essais avant de parvenir à inventer la lampe électrique au bout du millième essai.

2. Apprentissage par imitation

D’après plusieurs chercheurs (notamment Andrew Meltzoff et Keith Moore, 1977), la capacité d’imiter arrive très tôt chez le nouveau-né. Selon Piaget, c’est entre 18 et 24 mois qu’apparait l’imitation différée.  Donc dès l’âge 3 ans, l’enfant est capable de reproduire un nombre important de comportements même après plusieurs jours voire des mois. C’est d’ailleurs  le mode d’apprentissage le plus courant au cours du développement de l’enfant. Pour Albert Bandura (1980), l’apprentissage par modèle (imitation) repose initialement sur le voir faire (observation) puis sur le faire soi-même, tout en prenant en compte de certaines conditions.

Remarquez bien !  Les enfants ne font pas ce que les adultes leur disent de faire mais  font ce qu’ils leur voient faire.

3. Apprendre par explication

L’apprentissage par explication consiste à extérioriser les éléments d’un fait sans pour autant les mettre en morceaux distinctifs. L’objectif  premier de cette forme d’apprentissage est de faire comprendre. Dans ce sens, l’utilisation des termes clairs permet de saisir l’ensemble de ces éléments comme un tout et du même coup, appréhender le fait dans toute sa complexité. Cette méthode est souvent utilisée surtout dans les institutions scolaires, professionnelles et universitaires, c’est ce qu’on appelle généralement les cours magistraux.  Dans certains domaines, l’explication est nécessaire avant de passer à l’action. Sinon, c’est la pagaille !

Comment arrive-t-on à enseigner une théorie ou un théorème sans l’expliquer 

4. Apprentissage par association

L’apprentissage par association est né à partir des conditionnements pavloviens et skinnerien. Ivan Pavlov conçoit l’apprentissage relevant d’un principe d’association de deux événements cote à cote dans une unité de temps et de lieu. Ce modèle se traduit par une association entre les stimuli ou une association entre les stimuli et les réponses (réactions). Pour Skinner, l’apprentissage est une association en contingence entre des réponses acquises (comportement) et des stimuli servant soit à encourager le comportement ou à le supprimer. Ce type d’apprentissage est aussi important dans des situations plus complexes, comme l’association des graphèmes (Lettres) en phonèmes (sons).

Lorsque la cloche de l’école sonne, l’élève sait que c’est la fin de la recréation.

5. Apprentissage par répétition

La répétition constitue une méthode essentielle pour la rétention de certaines connaissances. On fait faire à l’apprenant ce qu’il doit apprendre, d’abord passivement, puis de plus en plus activement jusqu’à ce qu’il puisse le faire en toute autonomie. C’est la méthode de prédilection des pays asiatiques (Singapour, Corée du Sud, certaines régions de Chine,…) et ces pays sont souvent à la tête du classement  PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique). Souvent, on l’associe avec une méthode d’apprentissage par imitation, surtout vers le début de l’apprentissage.

Selon plusieurs neuroscientifiques, en particulier Stanislas Dehaene, la répétition favorise une bonne mémorisation et l’intervalle de la répétition détermine la durée de l’information dans la mémoire. D’après lui, « si vous répétez à l’échelle d’un mois, vous allez retenir l’information à l’échelle de six (6) mois ».

6. Apprentissage par immersion

La vision de l’apprentissage de Guthrie est marquée par deux mots clé : la contigüité et l’adaptation. La contigüité s’explique par le rapprochement de deux (2) événements  qui se produisent dans le temps et dans l’espace. Ceci indique clairement l’idée d’une proximité  de l’apprenant avec l’objet de connaissance. Par ce rapport de proximité, une relation singulière se développe entre ces deux événements (apprenant et l’objet de connaissance). Selon lui, l’adaptation exige qu’un comportement  spécifique soit appris dans différentes situations, ce qui permet de généraliser l’apprentissage. Et seule la technique d’immersion garantit une telle proximité prolongée avec la possibilité d’accommodation du comportement à des situations différentes. 

Nous savons tous que les langues s’apprennent mieux en situation d’immersion totale. Dans ce sens, l’apprentissage de la langue espagnole dans un pays hispanophone est plus efficace que dans un pays de culture linguistique différente.

7. Apprentissage combiné

L’apprentissage combiné est un métissage des meilleurs éléments des autres formes d’apprentissage. Par conséquent, son efficacité coule de source. Certains mécanismes d’apprentissage, comme celui de la lecture, exige la répétition, l’imitation, l’explication et parfois même de très forte dose d’association. Et la technologie peut servir à mieux les combiner.

Alors, à la lumière de ces formes d’apprentissages qui viennent d’être présenter, nous pouvons constater que la forme d’apprentissages à utiliser dépend de la discipline à enseigner, de l’apprenant et parfois de l’environnement. Donc, on n’apprend pas  à monter à bicyclette de la même façon  qu’on apprend à jouer au piano. Et la stratégie d’apprentissage utilisée pour enseigner à un enfant introverti n’est pas aussi efficace pour un enfant extraverti.

Jean Rico PAUL
contacts@educopluriel.com

Êtes-vous « POUR » ou « CONTRE » la promotion automatique ?

Promotion automatique pour trois premières année à l’école en Haïti, oui mais…

Avant d’opter en faveur du « POUR » ou du « CONTRE, il est important de comprendre les enjeux d’une telle reforme permettant aux élèves de la 1ère, 2ème et 3ème année fondamentales à passer à la classe supérieur sans examen de passage. Selon le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le bien-fondé de cette mesure réside dans « l’immense gaspillage de ressources au niveau du premier cycle fondamental par le fort taux d’abandon scolaire en raison du redoublement ; et la nécessité de promouvoir et d’améliorer l’efficacité interne du système éducatif haïtien. » est-ce que cette mesure peut vraiment répondre à ces préoccupations ?

Photo UNICEF

Effectivement, le redoublement est souvent perçu comme une réponse inadéquate apportée pour indiquer le niveau trop faible de l’élève pour accéder au niveau supérieur. Pourtant, on constate souvent que  « les élèves ajustent leurs efforts à la présence (ou non) d’évaluations et orientent leur attention en fonction des épreuves finales. » (Rey et Feyfant, 2014). Et nombreux sont ceux qui sont motivés par les évaluations sommatives finales, qui, en quelque sorte, façonnent largement l’apprentissage des élèves. En plus, ces évaluations sont des outils de gestion de classe pour les enseignants.    

Devant cette réalité, nous devons être très prudents face à cette reforme. Surtout, dans notre société, nombreux parents ne tiennent pas vraiment des acquis de leurs progénitures mais des décisions finales de fin d’années. Parmi lesquels, certains poussent leurs enfants à travailler à la maison pour obtenir de bonnes notes à l’école et pour passer en classe supérieure. D’autres ne prennent pas en compte les bonnes notes, il suffit que l’enfant ne redouble pas la classe.

Cependant, l’aide fournie par les parents ou les proches à la maison est cruciale et facilite beaucoup la consolidation des apprentissages de la lecture, de l’écriture et des mathématiques notamment des élèves. La perte de ces efforts est imminente compte tenu l’objectif final des parents : le passage en classe superieure de mon enfant. Et le jeune écolier ne comprend pas encore tout ce qu’impliquent les compétences de base (lecture, écriture et calcul) dans son parcours scolaire pour s’en soucier.

En fait, cette mesure est certes très efficace pour combattre le phénomène de redoublement et d’abandon scolaire pendant les trois (3) premières années à l’école (c’est comme marcher pieds nus pour éviter de salir ses chaussures), mais pas pour les autres années du 1er cycle du fondamental. Puisqu’à la suite de ces années sans redoublement ou d’abandon scolaire, viendra le temps des décisions de fin d’année. Et ceux qui n’ont pas bien maîtrisé les compétences de base (lecture, écriture et mathématiques) se trouveront dans une situation de non retour. Avec un peu de chance, ils pourront passer le cap de la 8ème année fondamentale.

Cette décadence se justifie par un manque accru de motivation pour les travaux scolaires chez certains élèves, puisque l’on veuille ou non, la classe supérieure est assurée. Les efforts des élèves seront donc très limités. Ce qui engendra aussitôt un bas niveau en lecture, en écriture et en mathématiques. Et la maîtrise de ces matières est très importante pour arriver à tenir dans les autres classes.

Alors cette mesure semble présager un affaiblissement encore plus grave de notre système scolaire. Sachant que les classes 1er, 2ème et 3ème années fondamentales sont déterminantes dans la performance des élèves dans les classes ultérieures.

Jean Rico PAUL

Psychologue de formation