Êtes-vous « POUR » ou « CONTRE » la promotion automatique ?

Promotion automatique pour trois premières année à l’école en Haïti, oui mais…

Avant d’opter en faveur du « POUR » ou du « CONTRE, il est important de comprendre les enjeux d’une telle reforme permettant aux élèves de la 1ère, 2ème et 3ème année fondamentales à passer à la classe supérieur sans examen de passage. Selon le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le bien-fondé de cette mesure réside dans « l’immense gaspillage de ressources au niveau du premier cycle fondamental par le fort taux d’abandon scolaire en raison du redoublement ; et la nécessité de promouvoir et d’améliorer l’efficacité interne du système éducatif haïtien. » est-ce que cette mesure peut vraiment répondre à ces préoccupations ?

Photo UNICEF

Effectivement, le redoublement est souvent perçu comme une réponse inadéquate apportée pour indiquer le niveau trop faible de l’élève pour accéder au niveau supérieur. Pourtant, on constate souvent que  « les élèves ajustent leurs efforts à la présence (ou non) d’évaluations et orientent leur attention en fonction des épreuves finales. » (Rey et Feyfant, 2014). Et nombreux sont ceux qui sont motivés par les évaluations sommatives finales, qui, en quelque sorte, façonnent largement l’apprentissage des élèves. En plus, ces évaluations sont des outils de gestion de classe pour les enseignants.    

Devant cette réalité, nous devons être très prudents face à cette reforme. Surtout, dans notre société, nombreux parents ne tiennent pas vraiment des acquis de leurs progénitures mais des décisions finales de fin d’années. Parmi lesquels, certains poussent leurs enfants à travailler à la maison pour obtenir de bonnes notes à l’école et pour passer en classe supérieure. D’autres ne prennent pas en compte les bonnes notes, il suffit que l’enfant ne redouble pas la classe.

Cependant, l’aide fournie par les parents ou les proches à la maison est cruciale et facilite beaucoup la consolidation des apprentissages de la lecture, de l’écriture et des mathématiques notamment des élèves. La perte de ces efforts est imminente compte tenu l’objectif final des parents : le passage en classe superieure de mon enfant. Et le jeune écolier ne comprend pas encore tout ce qu’impliquent les compétences de base (lecture, écriture et calcul) dans son parcours scolaire pour s’en soucier.

En fait, cette mesure est certes très efficace pour combattre le phénomène de redoublement et d’abandon scolaire pendant les trois (3) premières années à l’école (c’est comme marcher pieds nus pour éviter de salir ses chaussures), mais pas pour les autres années du 1er cycle du fondamental. Puisqu’à la suite de ces années sans redoublement ou d’abandon scolaire, viendra le temps des décisions de fin d’année. Et ceux qui n’ont pas bien maîtrisé les compétences de base (lecture, écriture et mathématiques) se trouveront dans une situation de non retour. Avec un peu de chance, ils pourront passer le cap de la 8ème année fondamentale.

Cette décadence se justifie par un manque accru de motivation pour les travaux scolaires chez certains élèves, puisque l’on veuille ou non, la classe supérieure est assurée. Les efforts des élèves seront donc très limités. Ce qui engendra aussitôt un bas niveau en lecture, en écriture et en mathématiques. Et la maîtrise de ces matières est très importante pour arriver à tenir dans les autres classes.

Alors cette mesure semble présager un affaiblissement encore plus grave de notre système scolaire. Sachant que les classes 1er, 2ème et 3ème années fondamentales sont déterminantes dans la performance des élèves dans les classes ultérieures.

Jean Rico PAUL

Psychologue de formation

Voilà pourquoi l’enseignement à distance en Haïti reste jusqu’à présent une illusion

Dès le début de la crise sanitaire, l’Organisation des Nations Unis pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) avait mobilisé des hauts responsables de l’éducation à travers le monde en vue de répondre aux fermetures des établissements scolaires et universitaires.

OLYMPIA DE MAISMONT / AFP

Et depuis, une gamme de stratégies de continuité d’apprentissage a été adopté d’un pays à l’autre. En raison d’impératifs de santé publique, l’enseignement à distance s’impose comme seule alternative, mais comment ? La France, l’Uruguay,… s’appuient sur leurs propres plateformes d’internet existantes ; la Martinique, la République Dominicaine penchent plutôt pour la radio et la télévision pour la diffusion des contenus éducatifs et d’autres pays comme la Jordanie utilisent de préférence des sites de visioconférence comme Zoom.

Haïti, pour sa part, tente de concilier une plateforme numérique avec les médias traditionnels de l’audiovisuels pour transmettre aux élèves le pain de l’instruction. Mais ce projet laisse déjà planer des doutes bien avant son lancement officiel ?

Depuis le début du mois d’octobre jusqu’au mois de décembre 2019, la crise politique a paralysé le fonctionnement des établissements scolaires et universitaires dans le pays. Des attaques contre des établissements ou des élèves étaient recensés dans certaines grandes villes. Seules les écoles des communes reculées du pays fonctionnaient « normalement ». Ce qui a amené le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) à publier un calendrier scolaire 2019-2020 réaménagé comportant 147 jours de classes au lieu des 189 jours prévus initialement.

Donc, les élèves ont perdu le premier trimestre de classe, sans aucune continuité d’apprentissage. L’année scolaire devient alors de plus en plus lourd pour les élèves. Non seulement à cause des interruptions qui empêchent à ces derniers de s’adapter correctement, mais aussi à causes des contenus qui sont trop condensés.

Autant le dire tout de suite aux lecteurs, nous disposons très peu d’informations sur l’enseignement à distance dont parle le gouvernement. Mais nous savons seulement que le projet a été baptisé « Plateforme de Ressources éducatives et d’Apprentissage numérique » ou  « PRATIC » et le ministère a l’intention d’utiliser l’audio-visuel du service public pour la diffusion des contenus éducatifs. Cependant, des problèmes existants font que ce projet ne parviendra pas à se concrétiser sans mettre de côté de nombreux élèves.

Parmi les problèmes structuraux, le premier qui constitue une vraie barrière à la généralisation de cette formation à distance est la couverture restreinte du réseau électrique du pays. Selon les chiffres émanant de l’Autorité Nationale de Régulation du Secteur de l’Énergie (ANARSE), 7 millions de personnes en Haïti n’ont pas accès à l’électricité. Seuls 30% d’habitants vivant en milieu urbain ont accès au courant électrique et seulement 6% pour le milieu rural, et ceci, par intermittence. Alors, comment ces apprenants parviendront-ils à suivre ces cours ? Comment arriveront-ils à recharger la batterie de leur tablette ou ordinateur portable ? Dans ces conditions, seul un petit groupe privilégié d’élèves auraient l’opportunité d’embarquer dans cette aventure si c’était le seul obstacle à ce projet.

Un autre frein réside dans notre service public de l’audiovisuel. Nous savons tous que la Radio Télévision Nationale d’Haïti (RTNH) n’est pas sur toute l’étendue du territoire national. Donc, à moins d’avoir un abonnement Canal+, beaucoup de personnes n’auront pas accès à ces programmes spéciaux.

En outre, selon les l’économiste Kesner Pharel, environ la moitié de la population haïtienne ne parvient pas à subvenir à leurs besoins fondamentaux, soit 6,8 millions d’Haïtiens (dont 2,5 millions vivent avec moins 1,23 dollars/Jour). Ce tableau de la situation nous laisse comprendre qu’il n’est pas facile pour de nombreux apprenants d’avoir accès à cet enseignement à distance faute d’appareils (tablette, ordinateur portable, télévision ou Radio). Et ce n’est pas encore fini !

Nous ne sommes pas en train de nous ériger en prophète de malheur mais le risque de saturation du réseau internet en Haïti est énorme. Le PDG de la Digicel s’inquiète déjà de l’augmentation du trafic. N’imaginons même pas le scénario que donnerait la connexion de plus 30 milles utilisateurs supplémentaires.

La plateforme « Pratic » aussi peut ne pas pouvoir recevoir toutes les connexions simultanées qui arriveront. Ce qui se passe souvent sur le site de l’UEH au moment des inscriptions en lignes pour les concours d’admission. Donc, ne voilons pas la face, les problèmes sont présents. Il ne s’agit plus de faire des « COPIER /COLLER » des mesures prises dans d’autres pays.

En clair, nous sommes en train d’assister à la propulsion de tous les problèmes qu’on tardait à régler depuis des décennies. À présent, ils se projettent à notre visage à l’instar d’une acné pressée d’une force inouïe. Pire encore, la mise en place de cette formation à distance en lassant de coté certains apprenants va accentuer à coup sur les inégalités que nous vivons actuellement.

Jean Rico PAUL

Psychologue de formation

3 étapes pour vous former GRATUITEMENT sur internet pendant le confinement

Voulez-vous profiter de la période de confinement pour vous former gratuitement ? C’est possible. Vous pouvez apprendre presque tout ce que vous voulez, et presque dans toutes les disciplines : droit, psychologie, administration, environnement, informatique, langue, intelligence artificielle, etc. C’est simple et facile. Voici comment y arriver en 3 étapes !

Juste avant d’aller aux étapes, un peu de pédagogie ! Avez-vous déjà entendu parler des MOOC ? Si oui, c’est déjà un acquis précieux pour avancer avec assurance ; si non, vous êtes au bon endroit pour tout comprendre d’un seul coup et lisez donc avec parcimonie !

L’acronyme MOOC, basé sur les initiales de Massive Open Online Course (en français CLOM : Cours en Ligne Ouverts et Massifs), désigne un type de formation en ligne via des cours (textes et vidéos) permettant à tous d’y accéder, soit à titre gratuit soit de manière payante, et d’obtenir à la fin un certificat ou de passer des tests pour la validation des acquis.

Plusieurs dizaines de milliers de MOOC sont aujourd’hui en ligne, dans presque toutes les langues, mis en ligne par les plus grandes institutions académiques du monde, comme Harvard, MIT, Berkeley, ULaval, Paris-Saclay, etc. Pour les suivre, rien de plus simple. Il vous suffit de vous inscrire auprès de l’université demandée ou via des plateformes internationales. Les plus connues sont Udacity, Coursera, edX et FUN (France Université Numérique)[i]. Maintenant, place aux étapes !

1. Arrêtez au flux d’informations sur le Covid-19

Vous êtes hyper-connecté(e), hyperinformé(e) sur l’évolution de la pandémie ? Ce n’est pas une bonne idée. Je vous le répète : « ce n’est pas du tout une bonne idée ». D’ailleurs, dans notre précédent article, Jean Rico Paul vous a déjà conseillé les comportements à adopter pour bien vivre la période de confinement (Cliquez-ici pour lire l’article). Je les ai incorporés, et ça fonctionne à merveille.

En fait, les médias – surtout les médias d’actu en continu – diffusent des informations pour susciter l’émotion ; pour faire du sensationnalisme. Un événement très simple peut faire l’objet de 10 articles dans un même média, avec à chaque fois un focus qui vous fait flipper. Vous devez être informé(e) certes, mais faites-le intelligemment. Comment ? Si vous êtes obligé(e) à surfer sur le net tout le long de la journée, désabonnez-vous aux médias d’actualités en continu. Par ailleurs, lisez les sources d’informations crédibles deux fois par jour (je vous conseille : à midi et à 18 heures, pour ne pas gâcher la journée).

2. Disposez un peu de temps pour l’apprentissage

D’aucuns pensent que le temps du confinement ne soit pas aussi précieux que le « temps normal ». C’est complètement faux. Même quand vous ne faites pas de télétravail, votre université ne continue pas à fonctionner en ligne, ce temps mérite d’être organisé, d’être géré.

Tous les soirs ou les matins avant de quitter le lit, faites un emploi du temps avec l’ensemble des activités à réaliser au cours de la journée. Un peu de sport, le temps des repas, des tâches ménagères… Accordez un temps particulier à vos proches ; aux loisirs : jouez aux jeux vidéo, regardez des séries télévisées, surtout pratiquer ou apprendre un sport cérébral, un jeu de société (échec, jeu de dames…).

Le clou : il est nécessaire d’accorder un peu de temps à l’apprentissage. Mise à part la lecture et l’écriture, accordez 1 à 2 heures par jour à un MOOC. Pour bien fixer ce temps d’apprentissage dans votre emploi du temps, une bonne connaissance de vous-même vous suffit. Par exemple, j’apprends mieux la nuit : alors, je suis mes MOOC de 20 heures à 22 heures. Vous pouvez le fixer également dans la matinée, soit après les exercices physiques et le petit déjeuner. En tout cas, faites comme vous voulez. D’ailleurs, c’est l’une des valeurs des MOOC : on est libre de choisir son horaire et son rythme d’apprentissage, n’est-ce pas génial ?

3. Bien choisir votre MOOC

Choisir votre MOOC peut vous paraître difficile. Vous aurez tendance à vous inscrire dans plusieurs en même temps, sans pouvoir vous concentrer véritablement sur aucun… Pour bien y parvenir voilà ce qu’il faut faire :

En premier lieu, comparez les cours en ligne sur Class Central, qui est un site qui répertorie tous les MOOC disponibles à l’échelle mondiale, tout en les comparant et les évaluant. Cela peut vous permettre de choisir le mieux noté, le meilleur dans le champ souhaité, dans votre champ d’étude, je suppose.

En deuxième lieu, privilégiez des MOOC gratuits. Plusieurs plateformes proposent des MOOC gratuits, avec une certification payante. Pas la peine de vous affoler pour cette catégorie. Ce ne sont pas des diplômes d’établissements. Ils attestent juste que vous avez été assidu(e) et que vous avez réalisé avec succès les exercices. Matthieu Cisel, post-docteur à l’Université Paris-V, a conclu, à la suite de ses recherches, que la valeur économique de ces certificats n’est pas encore démontrée.

En troisième lieu, c’est à propos d’une question qui vient en boucle, que nombreux posent sur les réseaux sociaux et les forums : quel type de MOOC suivre ? Vraiment, ce n’est pas si évident. Parfois quand on monte sur la plateforme, soit on ne voit pas quoi choisir, soit on veut tout choisir.

Bref, il y a des cours théoriques : je vous conseille de les suivre s’ils s’inscrivent dans le cadre de votre formation ou si vous voulez combler des lacunes. Après quoi, suivez des MOOC pratiques ! Il est mieux de choisir un cours qui peut vous servir dans vos travaux et/ou être utile dans la vie professionnelle. Je pense à ceux sur le management, la gestion de projet, l’administration, les langues étrangères, entre autres ; des MOOC dont les compétences acquises peuvent être utilisées dans votre quotidien.

Que faire maintenant ?

J’espère que vous aviez bien compris la démarche ; et que vous vous posez la question : que faire maintenant ? Alors, accrochez-vous !

  1. Réfléchissez quel(s) cours voulez-vous suivre ;
  2. Fixez combien de temps souhaiteriez-vous y accorder par jour ou par semaine et durant quelle tranche de la journée ;
  3. Montez sur les plateformes (Udacity, Coursera, edX, FUN) pour regarder s’ils sont disponibles, puis comparez les sur Class Central ;
  4. Assurez-vous que le cours et la certification sont gratuites, et que le syllabus est adapté à vos attentes ;
  5. Inscrivez-vous en ;
  6. Lancez-vous à fond et Never give up!

Si ces conseils vous ont plu et peuvent-vous être utiles, ou vous avez des questions, laissez-nous un commentaire, nous serons heureux de vous répondre. Et n’hésitez pas de partager cet article pour aider d’autres personnes !

Micky-Love Myrtho Mocombe

[i] Cliquez sur chaque nom de plateforme citée dans l’article pour y accéder directement.

Comment vivre au temps du Coronavirus ?

Mis en avant

Pendant 2 ou 3 jours de confinement, j’ai remarqué une grande fatigue le soir à la suite de chaque journée sans trop d’activités. Des épuisements jamais ressentis auparavant. Alors que toute ma journée était ponctuée d’activités (écouter la radio, lire des articles de presse, discuter avec mes amis, etc.) sur le fameux sujet d’actualité « Coronavirus ». En faisant le bilan, j’avais le sentiment d’avoir passé à côté de quelque chose et aussi d’avoir perdu mon temps en me focalisant sur ce virus. Conséquence : une grande fatigue me colle à la peau. Alors je me suis demandé ce qui m’empêchait de vivre, au moins au minimum. C’est ainsi que j’ai pu faire ces réflexions que je vous résume en cinq (5) points.

Confinement ou pas, l'ennui est loin d'être négatif, comme le montrent plusieurs études scientifiques.
ALINA KVARATSKHELIA VIA GETTY IMAGES

En premier lieu, arrêtez les flux d’informations

Les médias aiment diffuser les informations qui suscitent beaucoup d’émotions. Des mots et expressions frappantes sont souvent utilisés pour capter votre attention. Puisque ces nouvelles sont souvent mauvaises, vous vous sentez concernés et cela vous interpelle fortement. Et l’angoisse vous gagne peu à peu, jusqu’à ce qu’elle vous envahit totalement. Alors rester toute une journée devant la radio, la télé ou encore sur le net pour se tenir informer des dernières nouvelles, est une mauvaise idée. Mieux vaut se donner des limites en s’informant seulement deux fois par jour pour une durée ne dépassant pas 30 minutes.

Evitez les ruminations

La prise de connaissance des dernières nouvelles vous pousse souvent à repasser en boucle ces informations dans vos pensées. Ces dernières marchent souvent avec des émotions négatives puisqu’elles sont elles-mêmes négatives. Ce qui risque d’engendrer de la fatigue. Alors, je vous conseille de passer toute suite à une nouvelle activité pouvant accaparer toute votre attention. Des activités comme la lecture, écouter de la musique, jouer à un jeu de société, etc.

Organisez des petites séances en famille

Laissez le temps filer n’est pas la meilleure option durant le confinement. Si vous ne prévoyez de rien faire comme activité, vous risquez de passer des journées monotones et ennuyeuses à la maison. Vous devez envisager de planifier votre journée en variant les activités et aussi en laissant certaines heures creuses (pour ne rien faire). En cette direction, vous allez rythmer votre vie pour vous adapter.

Faites le point sur vous-meme !

Vous n’êtes pas sans savoir que le temps se divise en trois parties : « le passé », « le présent » et « le futur ». Votre présent « actuel » vous donne la possibilité de penser au passé pour avancer avec beaucoup plus d’assurance dans le futur. Cela se passe par une auto-analyse qui consiste à penser en profondeur sur votre passé : manière de comportements, vos relations, votre boulot, votre étude, l’image que vous avez sur vous-même… Au bout de 3 ou 4 jours, vous saurez quoi faire pour vous améliorer.

Gardez les liens déjà construits

Etant resté cloîtrer à la maison, n’oubliez pas de prendre les nouvelles de vos collègues, amis et familles.  Ce petit geste peut être d’un grand réconfort surtout pour ceux qui vivent dans la solitude, loin des siens. C’est aussi une marque de solidarité face à cette distanciation sociale qui nous protège contre la propagation du Covid-19.

Malgré le confinement et l’isolement qui vous donnent l’impression de vivre au ralenti, continuer à vivre, c’est bien ce qui vous importe le plus. L’application de ces points abordés ci-dessus vous facilite cette expérience inédite que nous vivons tous. Et surtout n’oubliez pas de vivre !

Jean Rico Paul, Psychologue de formation

Comment devenir un vrai autodidacte ?

Etre autodidacte est le rêve de beaucoup de gens. Si vous lisez cet article, cela peut signifier que c’est aussi votre rêve. Fort souvent, le terme « autodidacte » est souvent galvaudé, ce qui a pour conséquence la construction d’une conception erronée des autodidactes. En ce sens, nous pouvons tourner vers l’auteure du livre Les héritiers du Capital, Marie Ymonet, qui explique ainsi le terme :

« L’autodidacte n’est pas celui qui apprend tout seul (ce qui à proprement parler ne veut rien dire), mais celui dont les connaissances ne sont garanties par aucun titre et défendues par personne ».

C’est-à-dire, l’autodidacte puise ses apprentissages des autres de manière indirecte et  en toute autonomie à travers les livres, des sites internet, les conférences, les débats, etc.  Et cet apprentissage n’est pas sanctionné. Mais comme tout processus d’acquisition de connaissances ou encore de compétences, y compris dans l’autodidaxie, suscite l’implication de toutes les dimensions de la personne. Ce processus transcende sa sensibilité, enrichit son imagination, façonne sa conception et aussi  contribue à la formation de sa représentation de soi.  En fait, l’autoformation permet de gagner son indépendance et apprendre à son propre rythme. Mais devenir autodidacte exige un cheminement  capable de :

Cibler son domaine d’apprentissage

Le premier acte à poser pour devenir autodidacte est de cibler son domaine d’apprentissage. Et cela doit se faire avec un niveau de précision très poussée pour éviter  d’être diffus. Choisir son domaine d’apprentissage consiste à définir de manière claire et précise un champ de connaissance à apprendre. Pour mieux prendre cet engagement, il est conseillé d’établir les raisons qui vous poussent à investir le domaine en question.

Chercher à acquérir les connaissances de bases

Vous savez fort bien que le savoir est une pyramide. Il est donc primordial de maîtriser les connaissances de base dans le domaine  avant d’aller vers les plus complexes. Sinon, vous risquez de vous perdre en chemin et jeter l’éponge.  Si vous voulez maîtriser la philosophie par exemple, commencez par lire des manuels de philosophie ou d’effectuer de recherches sur les grands courants philosophiques avant de se diriger vers des livres spécialisés.

Aller vers les autres

Etre autodidacte ne signifie pas strictement de rester dans son petit coin en train d’emmagasiner de connaissances ou de compétences. N’hésitez pas à taper aux portes, discuter avec les initiés, partager avec les autres vos connaissances et produire vos propres réflexions sur des sujets relatifs au domaine. 

Développer une intelligence de situation

Intelligence de situation est un concept développé par David Autissier dans son livre intitulé Intelligence de situation : Savoir exploiter toutes les situations. Dans cet ouvrage, l’auteur définit l’intelligence de situation comme suit : c’est la capacité pour une personne de comprendre les enjeux et les personnes dans le cadre d’un échange avec la volonté d’obtenir un résultat en profitant des opportunités et des possibilités. En développant cette intelligence, elle vous permet d’affiner votre connaissance dans le domaine dans la quasi-totalité des situations du quotidien. Un simple événement peut vous apprendre plein de choses de manière fortuite.

Appliquer concrètement les connaissances

Après avoir passé un nombre de mois à travailler sur un domaine et vous avez le sentiment d’avoir maitrisé le champ, il vous reste maintenant à passer à l’action en appliquant concrètement ces connaissances apprises dans votre vie professionnelle voire d’entamer une nouvelle carrière professionnelle. Certainement, cela ne passera pas comme celui qui a fait des études dans une institution, mais en vous vendant à la Radio, à la télévision et sur internet notamment, vous pouvez clairement vous distinguez des autres.

Alors, maintenant, tout repose sur votre confiance en soi pour franchir le cap et devenir autodidacte. Ensuite, il vous faudra un peu de persévérance au début pour s’habituer à cette nouvelle réalité. Et pour s’y accéder, votre capacité d’adaptation sera mise en œuvre. Et enfin, viendra le moment où la gamme de motivation finira par baisser. Alors pour remonter la pente, il suffira de vous rappeler les raisons qui vous ont poussé à entreprendre cette aventure.

 Jean Rico PAUL

Les séismes en Haïti coûtent chers au secteur éducatif

12 janvier 2010 a été l’un des moments les plus sombres de l’Histoire d’Haïti. Jour où des secousses souterraines ont déstabilisés les murs de béton pour colorer le sol en ROUGE. Cette couleur laissée par les entrailles de la terre haïtienne laisse une marque indélébile dans l’esprit des survivants et aussi dans l’esprit du peuple haïtien. Dix (10) ans plus tard, elle ne se range pas encore dans la pièce du passé. Elle reste même collée au bâtiment symbolisant la tête du peuple haïtien, le Palais National.

Le séisme du 12 janvier 2010, par son caractère dévastateur combiné aux constructions anarchiques, a hypothéqué l’avenir du pays en détruisant, selon les données recueillies par le ministère de l’éducation, plus de 4.000 écoles et en emportant la vie de plus de 30.000 élèves et 1.400 enseignants. Dans un pays où l’accès à l’éducation reste encore un luxe pour plus de 200.000 enfants (Banque Mondiale, 2016) et une « fuite » importante d’enseignants vers des pays étrangers à cause de leur situation socio-économique dégradante, c’est une perte énorme.

Il y a environ 3 ans, en octobre 2016, un séisme de magnitude 5.9 a frappé le grand Nord du pays. Ce tremblement de terre a détruit ou endommagé 79 écoles dans le département du Nord et de l’Artibonite. Ce qui représente une perte énorme pour le pays le plus pauvre de l’Amérique.

Ce qui engorge le plus le pays dans la durée, ce sont les travaux de reconstruction. À chaque fois, des promesses de reconstruction ont été énoncés. De nombreuses années d’attentes et aussi, des travaux inachevés. Pour les établissements scolaires, nous ne parvenons pas à trouver des chiffres. Mais, selon plus d’un, une minorité d’établissements scolaires ont été reconstruits. Ce qui représente un manque à gagner pour le secteur.

Ces drames qui risquent de se reproduire, génèrent encore plus d’inégalités sociales. Puisque nombreux sont les parents qui ne parviennent pas à se reconstruire et aussi n’arrivent pas à répondre au besoin du pain de l’instruction de leurs progénitures à cause l’effondrement de tout ce qu’ils avaient construit.  Sans parler des écoles que leur reconstruction tarde encore à venir.

L’anniversaire du séisme du 12 janvier 2010 rappelle aussi la menace sismique qui  guette la deuxième ville du pays, Cap-Haitien. Les propos rapportés dans un article publié dans les colonnes du quotidien haïtien Le Nouvelliste titré « Après 1842, un autre séisme menace la ville du Cap-Haitien », sont alarmants. Puisque selon l’Ingénieur Claude Prépetit, plusieurs failles traversent la Ville du Cap et du même coup, il dénonce le mode de construction de cette ville ne respectant pas les normes conventionnelles et parasismiques. Toujours d’après l’article, ces failles risquent d’engendrer des séismes dépassant la magnitude 8. Tout ceci pour montrer que la menace est grande. Et les établissements scolaires seraient parmi les bâtiments les plus touchés en cas de tremblement de terre dans cette ville.

Alors, les séismes conduisent le pays, au fil du temps, à terrain inconnu capable de mettre à dos la nation haïtienne. Les dirigeants, quant à eux, agissent au gré du vent, donc sans aucune une direction précise et déterminante pour  « re -» hausser le pays. Entre temps, certains enfants sont condamnés à ne pas utiliser le plein potentiel de leurs matières grises à cause de leur non-scolarisation. Sans compter les enseignants qui quitte le pays pour une vie meilleure dans un pays étranger. Pourtant, le pays ne cherche pas encore à réduire son niveau de vulnérabilité par rapport au tremblement de terre à venir. Surtout, Cap-Haïtien se trouve au cœur de plusieurs failles capable de générer des séismes encore plus important, en termes de magnitude, qu’Haïti n’a jamais connu. Pourtant certains bâtiments où abritent des écoles font froid dans le dos en raison de l’état lamentable dans lequel ces établissements scolaires se trouvent.

Jean Rico PAUL

Comment s’éduquer pour appliquer ses bonnes résolutions dans sa vie ?

Une nouvelle année offre souvent l’occasion pour se fixer de nouveaux objectifs, se donner de nouveaux projets et surtout de prendre de bonnes résolutions. Là où le bât blesse, c’est lorsqu’il faudra tenir ces bonnes résolutions. Très souvent, on propose aux gens plein de stratégies pouvant les aider à surmonter cette difficulté. Mais malheureusement, très peu, sont ceux qui réussissent à parvenir à un résultat satisfaisant. Pourtant, s’éduquer  permet de mieux s’adapter aux nouvelles perspectives. Pour ce faire, trois (3) actions s’imposent à toute personne ayant la volonté d’évoluer dans sa vie grâce aux bonnes résolutions.

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S’éduquer, c’est quoi ?

Juste avant d’aborder la question «comment s’éduquer pour appliquer ses bonnes résolutions dans sa vie ? », il est un impératif de comprendre c’est quoi « s’éduquer ». Dans ce présent article, s’éduquer est compris comme l’action menée par soi-même pour se transformer par l’intégration des valeurs, savoirs, savoir-faire ou tout autre élément interne ou externe pouvant influencer sa propre personne.

Commencer par savoir un peu sur ses propres résolutions

Avoir des résolutions c’est bien, mais avoir des idées claires et précises de ces dernières est encore mieux. Ainsi on peut facilement les opérationnaliser, c’est-à-dire chacune des résolutions sera décomposée en objectifs (intermédiaires et spécifiques) et ces objectifs en des  actions concrètes. Les actions constituent alors les unités fondamentales des résolutions. Donc au fil des actions, le chemin qui mène vers les résolutions devient plus visible. Pour ce faire, il faut effectuer une petite recherche sur chacune des résolutions en vue d’une bonne compréhension pouvant mener à sa concrétisation. Cette recherche permettra aussi d’entrevoir les voies et moyens qu’il faudra pour la mise en œuvre de ses résolutions dans sa vie.

Combattre la procrastination

L’une des raisons qui empêche aux gens d’évoluer dans leur vie, c’est cette tendance à remettre tout à demain.  Cela commence par l’ajournement des petites choses comme « appeler pour prendre rendez-vous » ou encore « déplacer un objet d’un point A à un point B » et s’étend jusqu’aux choses plus complexes  comme rédiger un texte, faire un compte rendu ou encore faire la lessive. 

Pour pallier cette difficulté, agir par anticipation s’avère être une stratégie capable d’instaurer dans sa vie des habitudes beaucoup plus productives. ATTENTION ! Tout changement qui s’attaque à la routine et aux habitudes, génère souvent de tensions psychologiques. Ces tensions traduisent qu’une transformation est en cours. Donc il faut les accepter comme faisant partie du processus. Le renforcement des habitudes liées aux nouvelles dispositions prises dans sa vie garantit le retour à l’équilibre intérieur. En agissant de la sorte, l’anxiété ressentie s’évanouit au fil du temps.

Avoir une bonne connaissance de soi

Pour faire face aux aléas de la vie chaque jour plus complexe, il est toujours important de cerner son monde intérieur qui semble être souvent insaisissable. Pourtant, la quête de la connaissance de soi devint une constante chez ceux qui parviennent à se réaliser. D’ailleurs porter un regard sur son propre monde intérieur est une entreprise périlleuse mais nécessaire parce qu’il offre une certaine compréhension de soi permettant de mieux appliquer ses résolutions dans sa vie. Cette connaissance de soi s’articule autour de ses points forts mais aussi de ses points faibles. Et surtout, dans la délimitation de ses propres valeurs et d’une conception claire de sa personnalité. Certes, c’est un travail sur soi qui prend du temps mais indispensable pour rester le seul chef d’orchestre de sa vie.

En bref,appliquer de bonnes résolutions dans sa vie exige une redéfinition de sa propre personne. Et ce re-paramétrage constitue la trame du changement qu’on souhaite dans sa vie. Et ceci débute surtout par une connaissance approfondie des résolutions et continue par la mise en exergue des stratégies pour contrer la procrastination qui se révèle être un handicap pour agir et changer et enfin, il termine avec un voyage très instructif dans son monde intérieur. 

Cet article participe à l’événement « votre meilleure astuce pour appliquer vos bonnes résolutions » du blog devenez meilleur. J’apprécie beaucoup ce blog, et en fait mon article préférez est à retrouver sur ce lien :  https://devenez-meilleur.co/lautodiscipline   

Jean Rico Paul

L’éducation dans toutes ses dimensions

L’éducation est un terme ayant  deux conceptions  issues de deux (2) mots latins. La première  dérive du mot « Educare » qui signifie « apporter, informer, instruire » (Goguel d’Allondans, 2003).  Ce qui indique qu’il y a une relation verticale entre l’éduquant et l’éduqué.  En terme simple, le professeur devient le seul acteur dans le processus d’apprentissage. L’éduqué, quant à lui, est considéré comme une coquille vide qu’il faut remplir. Cette conception a été la plus dominante pendant des siècles.  Mais un changement de paradigme est en train de s’opérer dans plusieurs pays à travers le monde. Ce qui nous renvoie à une autre conception.

La seconde acception provient du verbe « educere » correspondant à: « conduire  hors de soi, faire clore » (idem). Dans cette conception de l’éducation, la personnalité de l’enfant est prise en compte par l’éduquant. Ce dernier prend en compte les désirs, projets personnels de l’éduqué en vue de faire ressortir le meilleur de lui-même. Dans cette perspective, la dichotomie l’éduquant-éduqué (ou Professeur-élève) constitue seulement d’acteurs. C’est-à-dire, l’éduqué a le droit de participer à sa propre éducation quasiment au même titre que l’éduquant.

Éducation, un rite de passage à la société

© Israël Guébo / AFD

La société est un système qui a besoin de se reproduire. C’est-à-dire, de renouveler l’ensemble des éléments du système pour que celui-ci soit pérennisé. Alors tout cela passe par l’éducation que reçoive chaque individu depuis sa naissance jusqu’à l’âge adulte. C’est donc à travers cette éducation qu’il apprenne à parler sa langue maternelle entre autre. Plus encore, il intégrera la culture dans laquelle il évolue. C’est une façon de dire que l’éducation, au sens large du terme, est une action qui se fait partout dans la société. Ses agents les plus efficaces sont l’école,  la famille, les médias, l’église et aussi les espaces de loisirs. Aujourd’hui, on peut aussi ajouter l’internet à la liste.

La famille au centre de l’éducation

La famille est le premier environnement de tout individu. Elle constitue la toile  de fond de nos relations. Une relation bancale avec les membres de la famille peut se révéler comme un handicap dans les relations futures. C’est dans la famille que les premières bases de l’éducation  vont être érigées pour le meilleur et pour le pire. Un agrégat de contenus éducatifs s’installera au fur et à mesure dans la tête du tout petit. C’est bien avec cela qu’il fera ses premiers pas dans la vie. Vers 3 ou 4 ans, il confrontera ses acquis avec d’autres milieux comme l’école. Même il continue à être éduqué.

L’école, petite société avant la société proprement dite

Souvent, dès qu’on parle d’éducation, la première chose qui surgit dans de nombreux esprit c’est l’école. Cela peut s’expliquer par sa capacité à transformer l’individu. Pour Emmanuel Kant, « l’homme ne peut devenir l’homme que par l’éducation ». Le rôle de l’école est très déterminant dans l’évolution de l’individu jusqu’à l’humanité. Comme institution, elle est le support de beaucoup d’attentes et surtout totalement dédié à l’éducation. Elle est donc l’institution éducative la plus formelle dans la formation du corps et de l’esprit de la jeune génération. Par l’éducation, l’école garantit l’unité nationale dans toute sa splendeur. D’où la volonté de vivre ensemble des peuples, en vertu de la cohésion sociale générée par la culture, l’histoire et certaines aspirations transmises à l’école.

En bref, l’éducation est la toile de fond qui nous humanise d’abord et qui nous unit ensuite. Elle s’insinue, en partie ou totalement, dans la quasi-totalité de nos pensées, dans nos comportements et actions. Ce qui nous rend, en quelque sorte, semblable les uns des autres. Et la part naturelle (génétique) qui nous habite dissout cette homogénéité des hommes, ce qui engendre nos différences. 

Jean Rico Paul