Êtes-vous « POUR » ou « CONTRE » la promotion automatique ?

Promotion automatique pour trois premières année à l’école en Haïti, oui mais…

Avant d’opter en faveur du « POUR » ou du « CONTRE, il est important de comprendre les enjeux d’une telle reforme permettant aux élèves de la 1ère, 2ème et 3ème année fondamentales à passer à la classe supérieur sans examen de passage. Selon le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le bien-fondé de cette mesure réside dans « l’immense gaspillage de ressources au niveau du premier cycle fondamental par le fort taux d’abandon scolaire en raison du redoublement ; et la nécessité de promouvoir et d’améliorer l’efficacité interne du système éducatif haïtien. » est-ce que cette mesure peut vraiment répondre à ces préoccupations ?

Photo UNICEF

Effectivement, le redoublement est souvent perçu comme une réponse inadéquate apportée pour indiquer le niveau trop faible de l’élève pour accéder au niveau supérieur. Pourtant, on constate souvent que  « les élèves ajustent leurs efforts à la présence (ou non) d’évaluations et orientent leur attention en fonction des épreuves finales. » (Rey et Feyfant, 2014). Et nombreux sont ceux qui sont motivés par les évaluations sommatives finales, qui, en quelque sorte, façonnent largement l’apprentissage des élèves. En plus, ces évaluations sont des outils de gestion de classe pour les enseignants.    

Devant cette réalité, nous devons être très prudents face à cette reforme. Surtout, dans notre société, nombreux parents ne tiennent pas vraiment des acquis de leurs progénitures mais des décisions finales de fin d’années. Parmi lesquels, certains poussent leurs enfants à travailler à la maison pour obtenir de bonnes notes à l’école et pour passer en classe supérieure. D’autres ne prennent pas en compte les bonnes notes, il suffit que l’enfant ne redouble pas la classe.

Cependant, l’aide fournie par les parents ou les proches à la maison est cruciale et facilite beaucoup la consolidation des apprentissages de la lecture, de l’écriture et des mathématiques notamment des élèves. La perte de ces efforts est imminente compte tenu l’objectif final des parents : le passage en classe superieure de mon enfant. Et le jeune écolier ne comprend pas encore tout ce qu’impliquent les compétences de base (lecture, écriture et calcul) dans son parcours scolaire pour s’en soucier.

En fait, cette mesure est certes très efficace pour combattre le phénomène de redoublement et d’abandon scolaire pendant les trois (3) premières années à l’école (c’est comme marcher pieds nus pour éviter de salir ses chaussures), mais pas pour les autres années du 1er cycle du fondamental. Puisqu’à la suite de ces années sans redoublement ou d’abandon scolaire, viendra le temps des décisions de fin d’année. Et ceux qui n’ont pas bien maîtrisé les compétences de base (lecture, écriture et mathématiques) se trouveront dans une situation de non retour. Avec un peu de chance, ils pourront passer le cap de la 8ème année fondamentale.

Cette décadence se justifie par un manque accru de motivation pour les travaux scolaires chez certains élèves, puisque l’on veuille ou non, la classe supérieure est assurée. Les efforts des élèves seront donc très limités. Ce qui engendra aussitôt un bas niveau en lecture, en écriture et en mathématiques. Et la maîtrise de ces matières est très importante pour arriver à tenir dans les autres classes.

Alors cette mesure semble présager un affaiblissement encore plus grave de notre système scolaire. Sachant que les classes 1er, 2ème et 3ème années fondamentales sont déterminantes dans la performance des élèves dans les classes ultérieures.

Jean Rico PAUL

Psychologue de formation

Téléphone portable à l’école : d’insupportable à profitable

Le téléphone est l’instrument technologique le plus répandu dans nos sociétés. Sa généralisation est surtout liée à la démocratisation de son prix. Même dans un pays pauvre comme Haïti, l’usage des Smartphone devient monnaie courante. Aujourd’hui, un enfant ayant en sa possession cette technologie de l’information et de communication ne provoque guère d’étonnement. Là où les choses se compliquent, c’est lorsque l’enfant (ou un ados) pénètre la salle de classe avec ce gadget électronique. Nombreux sont ceux qui pensent que l’usage du Smartphone à l’école devrait être interdit tout simplement, pourtant d’autres voient l’opportunité d’un enseignement plus adapté au monde actuel.

CP : JFJacobsz

Généralement, c’est au tout début du troisième cycle du primaire, donc vers l’âge 11-12-13 ans, que les parents décident de permettre l’usage du Smartphone. C’est souvent un cadeau donné à l’élève pour avoir brûlé une étape décisive dans sa carrière scolaire sans pour autant préparer l’enfant à faire un bon usage de l’appareil. Bien que c’est très difficile à faire !

À l’école, les portables sont souvent insupportables

Normalement, à l’école, le Smartphones doit être éteint et  bien rangé dans son sac. Mais souvent, au bout 15 minutes, le besoin d’utiliser son portable se fait sentir. Parfois c’est simplement pour vérifier ses notifications ou encore pour  regarder l’heure. D’autrefois, c’est pour envoyer un SMS, mettre un statut sur WhatsApp, actualiser son compte Facebook, etc. Mais peu importe le motif, l’attention portée au cours est déviée. Donc le processus d’apprentissage est perturbé.

En France, par exemple, l’une des raisons qui ont poussé les décideurs à interdire les téléphones portables à l’école est le fait que leur utilisation diminue la qualité de vie collective, ce qui est indispensable à l’épanouissement des élèves. C’est-à-dire, l’interdiction donne la possibilité à l’élève de sortie de sa bulle pour aller vers ses camarades. Cet objet absorbant est aussi très nocif pour la sante des élèves (aussi les adultes), à cause surtout de la fameuse lumière bleue.

Et si l’on profite des cet outil technologique pour enseigner

Un jeune avec son Smartphone peut ne pas qu’écouter de la musique, jouer, envoyer des SMS ou téléphone à l’école. Aujourd’hui, le Smartphone a des fonctionnalités capable de faciliter la formation des élèves tant dans la classe qu’à la maison. Cela consiste, bien sur, à préparer les enseignants à adapter leur enseignement à cette nouvelle réalité, mais cela peut s’avérer très bénéfique pour l’élève.

Dans un cours d’anglais, par exemple, certaines applications comme apprendre l’anglais et Luvlingua sont susceptibles à devenir des compléments du cours. Un autre exemple ! Pour l’enseignement du français, l’application Projet Voltaire est formidable outil consistant à familiariser l’élève aux différentes règles de grammaire. Bref, des expériences inédites et efficaces dans l’enseignement sont maintenant possibles. Il suffit de faire travailler son imagination pour tout tenter.

Alors la quasi-unanimité des opinions sont défavorables à l’usage des Smartphones au sein des établissements scolaires. L’attention et la concentration sont souvent les premières à être touchées. Ce qui pourrait mettre en péril tout le processus d’apprentissage. Mais cette technologie peut s’avérer être une valeur ajoutée dans la transmission du savoir. Surtout en utilisant des applications comme compléments des matières à enseigner.

Jean Paul Rico

Juste une petite sieste pour un élève plus performant

Contrairement à une idée reçue, le sommeil, voire la sieste, n’est pas du temps perdu. C’est un état physiologique qui s’inscrit dans le fonctionnement normal de l’organisme. C’est-à -dire nous sommes programmés à  dormir jusqu’à un tiers de notre vie. D’ailleurs le sommeil nous permet non seulement que nous récupérions de la fatigue physique et intellectuelle, mais aussi que nous soyons vigilants et performants dans les phases d’éveil qui suivent. Alors, qu’en est-il de la sieste ?

CP : ISTOCK / PEOPLEIMAGES

La sieste peut être considérée comme un petit sommeil durant la journée. Pour mieux dire, elle correspond à un stade de sommeil léger. Selon plusieurs chercheurs, la sieste comporte de nombreux bienfaits pour l’organisme. Parmi lesquels, elle permet de compenser en partie la dette de sommeil accumulée au fil des jours (Vera Smayan).

Selon les recommandations de l’American Academy of Sleep Medicine, l’enfant a besoin plus de 9 heures de sommeil par jour. Pour un enfant scolarisé, qui se lève très tôt (entre 6h et 6h30) pour se rendre à l’école, il est quasi-impossible de passer autant de temps de sommeil durant la nuit. La journée s’impose comme une alternative servant à compenser les temps de sommeil perdus.

 En plus, entre sortir de la maison pour l’école et prendre le chemin du retour (les heures de classe et recréation), l’enfant [élève] est soumis  à  de nombreuses activités sollicitant une attention soutenue et  beaucoup d’énergies.  Alors après au moins 5 heures d’activités à l’école, l’enfant a un grand besoin d’un moment de transition visant à permettre une bonne récupération.

Pour cela, la sieste constitue une issue très bénéfique pour l’élève et ceci à deux niveaux. D’un coté, la sieste permet de pallier à son manque de sommeil, et de l’autre coté, elle garantit son regain d’énergie capable de diminuer drastiquement sa fatigue physique et intellectuelle. L’heure idéale pour faire cette petite sieste est comprise entre 13 et 15 heures. Au-delà de 15 heures, le risque de la perturbation du sommeil nocturne devient plus grand. Et surtout, son temps de sieste ne doit pas dépasser les 30 à 40 minutes.

Selon le neuroscientifique Stanislas Dehaene, le sommeil facilite la rétention des informations apprises. C’est d’ailleurs pendant  le sommeil que les informations sont intégrées dans la mémoire à long terme. Ce qui signifie que la sieste permettrait à l’élève de mieux emmagasiner les notions apprises pendant les heures de cours.

Alors, le sommeil fait partie intégrante de notre vie. Pour le bon développement physique et intellectuel de l’élève, le respect de son temps de sommeil doit être scrupuleusement observé. La sieste parait être un bon copain de l’apprentissage et de la mémoire. Donc il est plus facile pour l’élève d’étudier et faire ses devoirs juste après une bonne trentaine de minutes de sieste après la sortie de l’école.

Jean Rico PAUL

Une question pour les curieux.ses (1) : À qui attribue-t-on le titre d’inventeur de l’école ?

La réponse à la question posée dans la Rubrique hebdomadaire du site  www.educopluriel.com :« UNE QUESTION POUR LES CURIEUX.SES »


Réponse : C’est bien à Charlemagne qu’on attribue le titre d’inventeur de l’école. Mais ce n’est pas tout à fait vrai.

Qui est Charlemagne ?

Charlemagne est né le 2 avril 742 et mort le 28 janvier 814. Il a été couronné roi sous le nom de Charles 1er  le Grand et ensuite devenu empereur en l’an 800. Etant le deuxième roi de la dynastie Carolingienne,  il a voulu restaurer l’Empire d’Occident,  ce qu’il a d’ailleurs fait. Pour le maintenir en vie, il encourageait les moines et les évêques à enseigner et entretenir  l’école. Puisque,  Juste avant son règne, après la chute de l’empire romain, l’école était tombée en déshérence. 

Pourtant Charlemagne n’est pas vraiment l’inventeur de l’école

Selon les historiens, Charlemagne n’a pas « inventé » l’école. Puisque celle-ci existait bien avant lui. Souvenez-vous de l ’ « Académie »  qui était une école philosophique fondée par Platon vers 388 av. J.C puis celle d’Aristote, le « Le Lycée » vers 335 av. J.C.  Ces deux écoles ont  marqué l’histoire de l’enseignement. Au final, nous pouvons comprendre que l’école n’avait pas été inventée de manière prompte. Mais c’est au fil du temps que des hommes et des femmes ont apportés leurs contributions pour arriver jusqu’à l’école moderne.   

Quel calendrier scolaire pour nos enfants ?

Haïti est en proie d’une crise socio-politique d’une envergure considérable qui affecte tous les secteurs de la vie nationale. Et le milieu éducatif est touché de plein fouet, surtout dans la capitale du pays et dans les principales villes de province. À tel enseigne, dans une conférence de presse donnée le 11 décembre 2019, le Ministère l’Éducation Nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a présenté un calendrier réaménagé de pour l’année scolaire 2019-2020. Selon M. Pierre Josué Agénor Cadet, titulaire du MENFP, ce calendrier est spécialement conçu pour les écoles qui sont restées fermées durant la période d’effervescence et d’insécurité qu’a connu le pays.

Little girl reading book in studio shot

Pour l’année scolaire de 2019-2020, M. Cadet propose un calendrier scolaire comportant 147 jours de classe et 7 jours de congé au lieu du calendrier initialement adopté par le ministère qui a 189 jours de classe et 11 jours de congé. C’est-à-dire, les écoles qui sont obligées d’adopter ce calendrier réaménagé perdront 42 jours de classe. Alors, en dépit du fait que le MENFP autorise à ces écoles de fonctionner les week-ends, il sera toujours difficile pour les enseignants d’inculquer aux apprenants toutes les notions que ces derniers devraient maitriser durant cette année scolaire. D’ailleurs, fonctionner les week-ends pourrait même entrainer un effet pervers puisque, selon les travaux de Feunteun (2000), les performances des élèves ont tendance à diminuer en fin de semaine.  En plus, ils n’auront pas vraiment suffisamment de temps pour se ressourcer. Et dans la mesure où le temps consacré à l’école serait à considérer parmi les facteurs susceptibles d’affecter les performances scolaires, le fonctionnement les week-ends des écoles est susceptible d’engendrer un chamboulement chez les élèves les plus vulnérables.

Face à cette nouvelle réalité que confronte le pays, un calendrier réaménagé, seul, ne permet pas de s’adapter efficacement à la conjoncture actuelle. D’ailleurs, tout réside dans la mise en œuvre des programmes scolaires et aussi dans l’aménagement des horaires des classes. Pour la mise en œuvre des programmes, cela concerne essentiellement les directions des écoles et les professeurs, puisqu’ils doivent faire un choix entre la compression des contenus de ce programme ou la suppression de certains. Dans les deux cas, ces derniers doivent aussi retravailler l’horaire de cours en prenant en compte des jours de faibles performances des élèves. Selon certaines recherches, les lundis et les vendredis, les élèves sont moins enclins à appréhender certaines notions enseignées en classes. Alors, il serait très stratégique de concentrer les cours les plus compliqués les mardis, mercredis et jeudis. De cette façon, le lundi seront considérés comme jour d’échauffement pour les trois (3) jours à venir et le vendredi comme un jour transitoire pour la semaine à venir.

Jean Rico PAUL