Mon enfant est différent ?

C’est la grande question posée par Fabienne Henry dans son guide destiné aux parents ainsi qu’aux professionnels. Etant une enseignante spécialisée dans le handicap, ses expériences l’ont amenée à côtoyer des parents troublés par les difficultés de leurs enfants. Son travail de terrain par rapport aux besoins particuliers de ces enfants l’ont permis de comprendre ce que vivent certains parents au quotidien. Ces derniers sont souvent désorientés et perdus dans le labyrinthe médical, administratif voire scolaire. Tenant compte de ces réalités, elle a décidé de rédiger ce guide intitulé : « mon enfant est différent ?»


Ce guide, très bien écrit, traite des thématiques décisives qui répondent à cette troublante interrogation initialement posée. En plus, ses chapitres renferment des questions pertinentes avec des éléments de réponse bien élaborés. La charpente de ce livre est très bien constituer. À tel point, cet outil conduit le lecteur pas à pas vers une véritable prise en charge globale de l’enfant en difficulté. Telle une carte qui indique clairement les différents lieux d’une région pour ne pas se perdre. Qui plus est, tout le monde trouve son compte : les parents savent vers qui tourner et les professionnels, eux, prodiguent des conseils pratiques à ces derniers. Ce qui implique que la vie de ces enfants devient moins compliquée puisque tous les acteurs savent comment réagir et à quel niveau .

Capture d’écran du résumé du livre sur le site suivienfant.fr

Dès le premier chapitre, il est question de déterminer la nature du problème de l’enfant. Découvrir en quoi il se diffère des autres. Donc, s’agit-il de difficultés pédagogiques ? Dans le sens que le milieu scolaire ne rentre pas en adéquation avec l’enfant. Ce qui fait qu’il s’ennuie tellement. Peut-être que la méthode pédagogique adoptée à l’école ne lui correspond pas du tout. On sait que les enfants n’apprennent pas tous de la même façon. Dans tous les cas, il faut penser à trouver une issue comme soutenir l’enfant dans ses travaux scolaires, l’accompagner dans les méthodes de travail ou tout simplement l’aider à combler ses lacunes grâce aux cours particuliers.
Il existe aussi des difficultés cognitives. L’enfant peut alors présenter des problèmes d’attention, de mémorisation, de compréhension ou encore d’organisation. En étant à l’écoute ou l’observant, mieux encore, en allant voir un spécialiste, le problème en question peut être démasqué plus facilement. Utiliser tous les moyens pour trouver ce qui ne va pas chez son enfant. En partant des outils d’aide mémoire jusqu’aux outils pour maintenir l’attention de l’enfant. Des difficultés affectives peuvent aussi surgir de « nulle part », mais avec l’aide des professionnels (enseignants, psychologue et autres), l’enfant a la possibilité de rattraper ses retards et retrouver toute son autonomie pour continuer à apprendre.

Capture d’écran du résumé du livre sur le site suivienfant.fr


L’auteure parle aussi, dans ce guide, de ce qu’on appelle « trouble spécifique du Langage et des apprentissages ». C’est-a-dire les enfants présentant des troubles Dys, Trouble de déficit d’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), autiste ou encore précoce. D’ailleurs elle a créé et animé un atelier sur ces troubles des années durant.
En fait, Fabienne Henry n’a pas fait les choses à moitié. Dans le deuxième chapitre, elle conduit le lecteur vers des professionnels qui peuvent aider l’enfant en difficulté. Elle trace le schéma d’une véritable coopération pour donner à l’enfant la chance de vivre sa différence en toute confiance. Certes, pour certains, une récupération totale n’est pas vraiment envisageable mais des progrès énormes s’opèrent au fil du temps. C’est mieux que rien, NON ! En fait, il y a de l’espoir. Surtout pour les enfants atteints de l’autisme. Un changement de paradigme s’opère et ces enfants sont mieux pris en charge. Beaucoup d’entre eux ont pu trouver un vrai boulot, avoir une relation amoureuse avec des « neurotypiques » et bien plus encore.

Table de matières du Guide


À travers les autres chapitres, Fabienne ouvre la boite des possibilités au lecteur. Possibilités en termes d’orientation, de plans d’accompagnement, d’aide à l’école, d’explication sur les différents dossiers à monter ou encore les différentes voies légales de recours.

En fait, à travers les pages de ce livre, quasiment toutes les grandes questions sur les « enfants différents » sont répondues avec un langage clair.
De nos jours, de nombreux enfants vivent des difficultés de toutes sortes. Et souvent, faute de connaissances ou de moyens, certains parents n’arrivent même pas à répondre correctement aux besoins de ces enfants. Mais la contribution des professionnels comme Fabienne Henry renverse positivement la tendance et travaille en conjointe relation avec ceux qui en ont vraiment besoins.

Cet article est écrit en partenariat avec l’association suivienfant.fr

Auteur : Jean Rico PAUL

Quelle est la différence entre «désir de savoir»  et « désir d’apprendre » ? (Explications)

La démocratisation de l’accès au savoir, à travers les nouvelles technologies de l’information et de la communication, attise la nécessité de montrer la nuance existante  entre   le « désir de savoir » et  le « désir d’apprendre » afin d’éviter l’illusion de l’avènement  d’une société de la connaissance. Certes le savoir est accessible en quelques clics, donc sans même une vraie quête. Mais notre rapport au savoir change. D’où l’importance de comprendre l’implication de ces notions dans les sillons du discours pédagogique.

Desir

Michel Foucault, dans ses Leçons sur la volonté de savoir (1970-1971) au Collège de France, a tenté, dans un premier temps, de saisir la nature du « désir de savoir »  à travers les premières lignes de la Métaphysique d’Aristote. Ce qui résulte de cette leçon, c’est que le désir de savoir est naturel, donc commun à tous les humains. Dans la pensée aristotélicienne, la sensation est le moyen d’accéder à la connaissance et de satisfaire ce désir qui se porte sur le savoir. Le besoin de combler ce manque demeure récurrent, surtout sous l’impulsion de l’étrangeté.  Comme le bébé qui jette un regard fixe à un objet nouveau et multicolore qui brille. La sensation visuelle permet de découvrir cet objet et l’intégrer.

Freud préfère utiliser le terme « pulsion de savoir », sans doute pour rentrer en adéquation avec sa théorie sur la sexualité. Selon lui, l’apparition la plus manifeste de la « pulsion de savoir » (ou désir de savoir) chez l’enfant se fait pour deux raisons : La première, lorsque l’enfant rencontre la différence des sexes et la deuxième, lorsqu’il s’interroge sur l’origine des enfants (Isabel & Laetitia, 2014). Et depuis, il ne cesse de poser d’autres questions un peu plus philosophiques. Il cherche à savoir toujours plus sur quasiment tout ce qu’il voit ou entend. Selon Mélanie Klein, l’attraction irrésistible et le tourment sont les caractéristiques cardinales du désir de savoir.

Aujourd’hui, quasiment tout le monde désire de savoir un peu sur tout. Savoir si le président américain décide de se rendre au congrès ce matin ou si l’eau est accessible dans un petit village situé au Nord de Mali ou encore si Leonel Messi est remis de sa blessure. Et grâce à la technologie, toutes ces informations sont à porter de la main.

En fait, donner une définition succincte et claire du terme « désir de savoir » n’est pas une chose facile. Puisqu’il partage une frontière sémantique très mince avec le « désir d’apprendre ». C’est en arrivant à dessiner les contours de chacun de ces termes qu’on parviendra à saisir la différence.

Pour débuter une intervention sur le plaisir d’apprendre, Philippe Meirieu lit un extrait d’un roman mettant en scène un élève qui refuse catégoriquement un devoir de son enseignant sous prétexte que l’œuvre les poésies de Jules Slowackie ne l’enthousiasme pas du tout. Il voudrait illustrer, à travers cette courte lecture, la fragilité de la relation pédagogique. Cela illustre aussi l’absence du désir d’apprendre. Ce qui indique par-dessus tôt que ce désir n’est pas toujours présent.

Bien qu’apprendre est l’expérience humaine la mieux partagée, mais le désir d’apprendre reste une chose à acquérir à un moment ou à un autre et dans des contextes divers. Prenons l’exemple de l’apprentissage de la lecture. C’est lorsque cette compétence de base devient de plus en plus transversale qu’un nombre croissant de gens manifestent le désir d’apprendre à lire.  Et pour apprendre à lire, cela nécessite trois éléments fondamentaux : temps relativement long, effort personnel, coût (pour les parents ou l’État). Ce qui est valable pour de nombreux apprentissages. C’est donc ce désir qui permettra de maintenir le cap jusqu’à la fin de l’apprentissage.

« Le désir d’apprendre dépend d’un calcul d’intérêt » (Philippe Pierrenaud, 2004). C’est-à-dire, toute volonté d’apprendre nait d’une visée à court ou à long terme. Retour à l’exemple du désir d’apprendre à lire,  pour un enfant qui souhaite devenir un avocat, c’est pour lui un impératif de maitriser cette compétence pour avancer vers d’autres apprentissages favorisant la réalisation de cet objectif.

Plus étonnant encore, le désir d’apprendre se conjugue avec le désir de changer en se construisant. L’enfant qui voulait apprendre à lire pour devenir AVOCAT, l’homme de loi est sa « version augmentée ». Et c’est au fil des apprentissages qu’il évolue et atteint enfin son nouveau « Lui ». Donc il parvient à repousser ses limites.

« Vouloir savoir ne signifie pas vouloir apprendre » (Philippe Meirieu) puisque le désir de savoir peut exister sans le désir d’apprendre.  La surface de la volonté d’apprendre est beaucoup  plus étendue que celle du désir de savoir. Raison : le désir d’apprendre suscite l’envie de comprendre et de maitriser alors que désir de savoir  s’arrête par le contact avec l’objet à connaitre. À l’école, le désir d’apprendre chez l’élève est très important dans la relation pédagogique (SAVOIR-ENSEIGNANT-ELÈVE) et rend la réussite scolaire beaucoup plus poreuse.

Jean Rico PAUL, Psychologue de Formation