Top 7 des meilleures formes d’apprentissage à découvrir

Le choix d’une méthode d’apprentissage est un facteur essentiel dans la réussite de la démarche de transmission. Elle constitue le canal principal qui fait circuler l’eau dans toute la ferme. Surtout, pour les enfants en difficulté scolaire, il faut ré-adapter tout le temps la manière de les enseigner. Et aujourd’hui, savoir passer d’une méthode à l’autre dans un même cours avec aisance est crucial. Donc, voici les 7 formes d’apprentissages que je vous propose de découvrir.

Via https://www.dbl-diabete.fr/

1. L’apprentissage par essai et erreur

L’apprentissage par essai et erreur a été l’objet de recherches d’un des grands spécialistes de l’apprentissage, Edward Lee Thorndike (1874-1949). Ce dernier a même émis une théorie sur le sujet. Selon lui, l’essai fait partie de l’apprentissage. Parce que celui-ci  donne l’occasion d’explorer d’autres pistes de solution malgré les erreurs qui s’accumulent. Donc on élimine graduellement les réactions ou les réponses incorrectes jusqu’à ce qu’on arrive à trouver la solution, par hasard ou pas. À ce moment, on aura appris non seulement la solution mais les erreurs à éviter.

Selon la légende,  Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule  électrique, a fait 999 essais avant de parvenir à inventer la lampe électrique au bout du millième essai.

2. Apprentissage par imitation

D’après plusieurs chercheurs (notamment Andrew Meltzoff et Keith Moore, 1977), la capacité d’imiter arrive très tôt chez le nouveau-né. Selon Piaget, c’est entre 18 et 24 mois qu’apparait l’imitation différée.  Donc dès l’âge 3 ans, l’enfant est capable de reproduire un nombre important de comportements même après plusieurs jours voire des mois. C’est d’ailleurs  le mode d’apprentissage le plus courant au cours du développement de l’enfant. Pour Albert Bandura (1980), l’apprentissage par modèle (imitation) repose initialement sur le voir faire (observation) puis sur le faire soi-même, tout en prenant en compte de certaines conditions.

Remarquez bien !  Les enfants ne font pas ce que les adultes leur disent de faire mais  font ce qu’ils leur voient faire.

3. Apprendre par explication

L’apprentissage par explication consiste à extérioriser les éléments d’un fait sans pour autant les mettre en morceaux distinctifs. L’objectif  premier de cette forme d’apprentissage est de faire comprendre. Dans ce sens, l’utilisation des termes clairs permet de saisir l’ensemble de ces éléments comme un tout et du même coup, appréhender le fait dans toute sa complexité. Cette méthode est souvent utilisée surtout dans les institutions scolaires, professionnelles et universitaires, c’est ce qu’on appelle généralement les cours magistraux.  Dans certains domaines, l’explication est nécessaire avant de passer à l’action. Sinon, c’est la pagaille !

Comment arrive-t-on à enseigner une théorie ou un théorème sans l’expliquer 

4. Apprentissage par association

L’apprentissage par association est né à partir des conditionnements pavloviens et skinnerien. Ivan Pavlov conçoit l’apprentissage relevant d’un principe d’association de deux événements cote à cote dans une unité de temps et de lieu. Ce modèle se traduit par une association entre les stimuli ou une association entre les stimuli et les réponses (réactions). Pour Skinner, l’apprentissage est une association en contingence entre des réponses acquises (comportement) et des stimuli servant soit à encourager le comportement ou à le supprimer. Ce type d’apprentissage est aussi important dans des situations plus complexes, comme l’association des graphèmes (Lettres) en phonèmes (sons).

Lorsque la cloche de l’école sonne, l’élève sait que c’est la fin de la recréation.

5. Apprentissage par répétition

La répétition constitue une méthode essentielle pour la rétention de certaines connaissances. On fait faire à l’apprenant ce qu’il doit apprendre, d’abord passivement, puis de plus en plus activement jusqu’à ce qu’il puisse le faire en toute autonomie. C’est la méthode de prédilection des pays asiatiques (Singapour, Corée du Sud, certaines régions de Chine,…) et ces pays sont souvent à la tête du classement  PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique). Souvent, on l’associe avec une méthode d’apprentissage par imitation, surtout vers le début de l’apprentissage.

Selon plusieurs neuroscientifiques, en particulier Stanislas Dehaene, la répétition favorise une bonne mémorisation et l’intervalle de la répétition détermine la durée de l’information dans la mémoire. D’après lui, « si vous répétez à l’échelle d’un mois, vous allez retenir l’information à l’échelle de six (6) mois ».

6. Apprentissage par immersion

La vision de l’apprentissage de Guthrie est marquée par deux mots clé : la contigüité et l’adaptation. La contigüité s’explique par le rapprochement de deux (2) événements  qui se produisent dans le temps et dans l’espace. Ceci indique clairement l’idée d’une proximité  de l’apprenant avec l’objet de connaissance. Par ce rapport de proximité, une relation singulière se développe entre ces deux événements (apprenant et l’objet de connaissance). Selon lui, l’adaptation exige qu’un comportement  spécifique soit appris dans différentes situations, ce qui permet de généraliser l’apprentissage. Et seule la technique d’immersion garantit une telle proximité prolongée avec la possibilité d’accommodation du comportement à des situations différentes. 

Nous savons tous que les langues s’apprennent mieux en situation d’immersion totale. Dans ce sens, l’apprentissage de la langue espagnole dans un pays hispanophone est plus efficace que dans un pays de culture linguistique différente.

7. Apprentissage combiné

L’apprentissage combiné est un métissage des meilleurs éléments des autres formes d’apprentissage. Par conséquent, son efficacité coule de source. Certains mécanismes d’apprentissage, comme celui de la lecture, exige la répétition, l’imitation, l’explication et parfois même de très forte dose d’association. Et la technologie peut servir à mieux les combiner.

Alors, à la lumière de ces formes d’apprentissages qui viennent d’être présenter, nous pouvons constater que la forme d’apprentissages à utiliser dépend de la discipline à enseigner, de l’apprenant et parfois de l’environnement. Donc, on n’apprend pas  à monter à bicyclette de la même façon  qu’on apprend à jouer au piano. Et la stratégie d’apprentissage utilisée pour enseigner à un enfant introverti n’est pas aussi efficace pour un enfant extraverti.

Jean Rico PAUL
contacts@educopluriel.com

La jeunesse, sauvons la patrie !

Aujourd’hui, c’est la fête du drapeau et des universités. Ce jour réunit deux éléments essentiels dans la vie d’un peuple. L’un favorise l’unité nationale et l’autre sert à garantir l’émancipation du peuple. Mais, dans notre pays, Haïti, le drapeau est toujours en berne. Puisque les filles et les fils du pays sont souvent dans l’agonie faute de pouvoir satisfaire ses besoins fondamentaux. Ceux qui arrivent assurer une certaine survivance, c’est surtout au prix d’humiliation et de sacrifice. Raison qui pousse une majorité à ne plus croire en une Unité Nationale. 

Par conséquent, nous ne pouvons même pas parler d’émancipation du peuple, puisqu’il est déjà captif d’un état de pauvreté exacerbée. Donc, l’Université n’arrive pas à déployer toutes ses potentialités pour répondre efficacement aux défis que confrontent notre société sans se heurter à une vague d’ignorance. Parfois, le système social et politique actuel du pays phagocyte les meilleurs produits de l’université. Heureusement, certains résistent encore pour ne pas tomber dans l’abîme de la médiocrité. Ce qui fait penser qu’il y a encore de l’espoir dans ce pays appauvri.

Cet espoir est cette flamme qui nous maintient en vie. Et sans elle, notre décadence s’accélèrerait encore plus. Notre terre deviendrait beaucoup plus aride, ce qui générerait une hécatombe sans précédent. 

Alors, partons à la découverte de nouvelles perspectives pour sauver la nation. La jeunesse, c’est votre responsabilité de relever ce gigantesque défi grâce à votre vigueur, vos talents et votre intelligence. Risquons ensemble ce pari pour donner naissance à notre nouvelle HAÏTI.

VIVE L’ÉDUCATION !
VIVE LE DRAPEAU !
VIVE HAÏTI !

Jean Rico Paul

Des conseils pratiques pour le déconfinement

Après plusieurs semaines de confinement, avec certaines habitudes qui se sont installées dans votre vie ou, au contraire, l’ennui qui ponctue vos journées dès les premiers jours, vous devez commencer à préparer votre dé-confinement. 

Dans le premier cas, vous aurez tendance à avoir peur à reprendre contact avec les autres puisque vous aviez vécu pendant un bon bout de temps dans le calme à la maison et dans un environnement social très restreint.

Dans le second cas, le besoin de vous sentir libre vous envahira dès le premier jour et engendra l’envie de rattraper le temps perdu, d’où les comportements excessifs qui feront surface. Pourtant le mieux est d’éviter les deux extrémités en calmant le jeu. Comment faire, dites-vous ? Eh bien, lisez jusqu’à la fin ! 

Rappelez-vous du confinement, il a été brusque. Vous n’aviez même pas une semaine pour prendre vos propres dispositions personnelles. Tout s’est passé tellement vite. C’était en quelque sorte, un choc pour beaucoup d’entre vous. Heureusement vous pouvez éviter le même scénario pour l’APRÈS. Puisqu’aux environs de mi-mai, plusieurs pays comme la France et la Belgique envisagent de commencer le dé-confinement.

Informez-vous des mesures de déconfinement

Le point de départ d’une bonne préparation se construit à partir des informations fournies par les autorités sanitaires sur le début de la revitalisation de la vie sociale. Vous devez prendre en compte les différentes étapes de cette reprise des activités sociales et économiques. De cette façon, vous aurez la possibilité de construire votre agenda en fonction du plan de déconfinement du gouvernement. En même temps, ne mettez pas à l’esprit que ce plan est définitif. Il peut subir des modifications à tout moment, surtout si la situation se dégénère à nouveau. Le mieux est de vous préparer à toutes éventualités tout en restant optimiste. 

Ranimez les liens

Le confinement a pour vocation de diminuer les contacts physiques entre les gens. Mais la levée de cette mesure vous permettra de retrouver vos proches. Cependant, il faut rester vigilant puisque la brume n’est pas encore dissipée. À présent, commencez par entrer en contact avec vos proches, vos collègues et toutes personnes faisant partie de votre cercle immédiat par téléphone ou autres moyens de communications. Cette fois-ci, ce n’est pas simplement pour prendre de leurs nouvelles mais essayez de tenir une vraie conversation avec eux. Parlez très peu du passé mais beaucoup des jours à venir ! Ce qui vous ouvrira la porte vers d’autres horizons. 

Déjà, c’est une bouffée d’air frais qui s’infiltre dans votre vie, avec de l’espoir. Ainsi, lorsque vous les rencontrerez physiquement, vous pourrez facilement renouer les liens avec eux sans trop de difficulté.

Une petite préparation proprement dite

Les premiers jours du post-confinement doivent être vécus avec beaucoup de prudence. Ce n’est pas encore le moment de revenir à la vie d’avant. Vous êtes juste au début de la fin d’une crise sanitaire. Donc, une bonne planification s’impose. Tout d’abord,  pensez aux choses que vous aimeriez faire ces jours-là. Ensuite listez-les et écrivez au moins trois raisons pour lesquelles vous devriez faire chacune de ces choses. Par la suite, veillez à ce que ces activés ne rentrent pas en contradiction avec les consignes établies par les autorités sanitaires. Et enfin, priorisez les choses qui vous donneront envie de vivre et de croire en l’avenir. C’est d’ailleurs très important pour votre relance. 

En faisant ce petit exercice, vous réduisez les tensions des premiers jours. Anxiété, Stress ou encore confusion ne seront pas au rendez-vous. Puisqu’en étant préparé, vous n’aurez qu’à vivre pour de vrai vos petits projets au quotidien.

Soyez raisonnable dans vos attentes

On a souvent tendance à placer la barre très haute, toujours besoin de faire d’une pierre plusieurs coups. Mais vous savez bien, dans la vraie vie, tout ne se déroule pas toujours comme prévu. Pour éviter ce piège et ne pas tomber dans la frustration, trouvez un moyen de limiter la taille de vos attentes. Restez seulement sur ce qui est essentiel pour vous. Ainsi, vous éviterez les mésaventures.  Le moment venu, prenez le soin de bien comprendre ce qui se passe autour de vous. Et ne laissez pas vos attentes empiétées fortement sur votre façon de voir les choses. Ça peut déformer votre perception des faits. 

Pour ne pas arriver jusque-là, prenez le temps de réfléchir et soyez ouvert à toutes éventualités. Parce que, devant cette nébuleuse, il n’est pas facile de tout prévoir. Alors vivez tout en étant responsable et réaliste, surtout en respectant les fameux gestes barrières contre le nouveau coronavirus. 

À noter que la vie est faite de difficultés, c’est d’ailleurs en les confrontant que nous parvenons à devenir plus fort et plus résilient. 

En appliquant ces conseils, votre déconfinement sera moins tumultueux et vous serez en même temps protéger d’une éventuelle deuxième vague de la pandémie en respectant les limites fixé par les autorités sanitaires. Pour finir, sachez que le déconfinement ne sera pas un retour à la vie normale, alors vivez avec modération et circonscription pour protéger non seulement votre vie mais celle des autres.

Soyez réfléchis !

Jean Rico PAUL

Psychologue de formation

Êtes-vous « POUR » ou « CONTRE » la promotion automatique ?

Promotion automatique pour trois premières année à l’école en Haïti, oui mais…

Avant d’opter en faveur du « POUR » ou du « CONTRE, il est important de comprendre les enjeux d’une telle reforme permettant aux élèves de la 1ère, 2ème et 3ème année fondamentales à passer à la classe supérieur sans examen de passage. Selon le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le bien-fondé de cette mesure réside dans « l’immense gaspillage de ressources au niveau du premier cycle fondamental par le fort taux d’abandon scolaire en raison du redoublement ; et la nécessité de promouvoir et d’améliorer l’efficacité interne du système éducatif haïtien. » est-ce que cette mesure peut vraiment répondre à ces préoccupations ?

Photo UNICEF

Effectivement, le redoublement est souvent perçu comme une réponse inadéquate apportée pour indiquer le niveau trop faible de l’élève pour accéder au niveau supérieur. Pourtant, on constate souvent que  « les élèves ajustent leurs efforts à la présence (ou non) d’évaluations et orientent leur attention en fonction des épreuves finales. » (Rey et Feyfant, 2014). Et nombreux sont ceux qui sont motivés par les évaluations sommatives finales, qui, en quelque sorte, façonnent largement l’apprentissage des élèves. En plus, ces évaluations sont des outils de gestion de classe pour les enseignants.    

Devant cette réalité, nous devons être très prudents face à cette reforme. Surtout, dans notre société, nombreux parents ne tiennent pas vraiment des acquis de leurs progénitures mais des décisions finales de fin d’années. Parmi lesquels, certains poussent leurs enfants à travailler à la maison pour obtenir de bonnes notes à l’école et pour passer en classe supérieure. D’autres ne prennent pas en compte les bonnes notes, il suffit que l’enfant ne redouble pas la classe.

Cependant, l’aide fournie par les parents ou les proches à la maison est cruciale et facilite beaucoup la consolidation des apprentissages de la lecture, de l’écriture et des mathématiques notamment des élèves. La perte de ces efforts est imminente compte tenu l’objectif final des parents : le passage en classe superieure de mon enfant. Et le jeune écolier ne comprend pas encore tout ce qu’impliquent les compétences de base (lecture, écriture et calcul) dans son parcours scolaire pour s’en soucier.

En fait, cette mesure est certes très efficace pour combattre le phénomène de redoublement et d’abandon scolaire pendant les trois (3) premières années à l’école (c’est comme marcher pieds nus pour éviter de salir ses chaussures), mais pas pour les autres années du 1er cycle du fondamental. Puisqu’à la suite de ces années sans redoublement ou d’abandon scolaire, viendra le temps des décisions de fin d’année. Et ceux qui n’ont pas bien maîtrisé les compétences de base (lecture, écriture et mathématiques) se trouveront dans une situation de non retour. Avec un peu de chance, ils pourront passer le cap de la 8ème année fondamentale.

Cette décadence se justifie par un manque accru de motivation pour les travaux scolaires chez certains élèves, puisque l’on veuille ou non, la classe supérieure est assurée. Les efforts des élèves seront donc très limités. Ce qui engendra aussitôt un bas niveau en lecture, en écriture et en mathématiques. Et la maîtrise de ces matières est très importante pour arriver à tenir dans les autres classes.

Alors cette mesure semble présager un affaiblissement encore plus grave de notre système scolaire. Sachant que les classes 1er, 2ème et 3ème années fondamentales sont déterminantes dans la performance des élèves dans les classes ultérieures.

Jean Rico PAUL

Psychologue de formation

Voilà pourquoi l’enseignement à distance en Haïti reste jusqu’à présent une illusion

Dès le début de la crise sanitaire, l’Organisation des Nations Unis pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) avait mobilisé des hauts responsables de l’éducation à travers le monde en vue de répondre aux fermetures des établissements scolaires et universitaires.

OLYMPIA DE MAISMONT / AFP

Et depuis, une gamme de stratégies de continuité d’apprentissage a été adopté d’un pays à l’autre. En raison d’impératifs de santé publique, l’enseignement à distance s’impose comme seule alternative, mais comment ? La France, l’Uruguay,… s’appuient sur leurs propres plateformes d’internet existantes ; la Martinique, la République Dominicaine penchent plutôt pour la radio et la télévision pour la diffusion des contenus éducatifs et d’autres pays comme la Jordanie utilisent de préférence des sites de visioconférence comme Zoom.

Haïti, pour sa part, tente de concilier une plateforme numérique avec les médias traditionnels de l’audiovisuels pour transmettre aux élèves le pain de l’instruction. Mais ce projet laisse déjà planer des doutes bien avant son lancement officiel ?

Depuis le début du mois d’octobre jusqu’au mois de décembre 2019, la crise politique a paralysé le fonctionnement des établissements scolaires et universitaires dans le pays. Des attaques contre des établissements ou des élèves étaient recensés dans certaines grandes villes. Seules les écoles des communes reculées du pays fonctionnaient « normalement ». Ce qui a amené le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) à publier un calendrier scolaire 2019-2020 réaménagé comportant 147 jours de classes au lieu des 189 jours prévus initialement.

Donc, les élèves ont perdu le premier trimestre de classe, sans aucune continuité d’apprentissage. L’année scolaire devient alors de plus en plus lourd pour les élèves. Non seulement à cause des interruptions qui empêchent à ces derniers de s’adapter correctement, mais aussi à causes des contenus qui sont trop condensés.

Autant le dire tout de suite aux lecteurs, nous disposons très peu d’informations sur l’enseignement à distance dont parle le gouvernement. Mais nous savons seulement que le projet a été baptisé « Plateforme de Ressources éducatives et d’Apprentissage numérique » ou  « PRATIC » et le ministère a l’intention d’utiliser l’audio-visuel du service public pour la diffusion des contenus éducatifs. Cependant, des problèmes existants font que ce projet ne parviendra pas à se concrétiser sans mettre de côté de nombreux élèves.

Parmi les problèmes structuraux, le premier qui constitue une vraie barrière à la généralisation de cette formation à distance est la couverture restreinte du réseau électrique du pays. Selon les chiffres émanant de l’Autorité Nationale de Régulation du Secteur de l’Énergie (ANARSE), 7 millions de personnes en Haïti n’ont pas accès à l’électricité. Seuls 30% d’habitants vivant en milieu urbain ont accès au courant électrique et seulement 6% pour le milieu rural, et ceci, par intermittence. Alors, comment ces apprenants parviendront-ils à suivre ces cours ? Comment arriveront-ils à recharger la batterie de leur tablette ou ordinateur portable ? Dans ces conditions, seul un petit groupe privilégié d’élèves auraient l’opportunité d’embarquer dans cette aventure si c’était le seul obstacle à ce projet.

Un autre frein réside dans notre service public de l’audiovisuel. Nous savons tous que la Radio Télévision Nationale d’Haïti (RTNH) n’est pas sur toute l’étendue du territoire national. Donc, à moins d’avoir un abonnement Canal+, beaucoup de personnes n’auront pas accès à ces programmes spéciaux.

En outre, selon les l’économiste Kesner Pharel, environ la moitié de la population haïtienne ne parvient pas à subvenir à leurs besoins fondamentaux, soit 6,8 millions d’Haïtiens (dont 2,5 millions vivent avec moins 1,23 dollars/Jour). Ce tableau de la situation nous laisse comprendre qu’il n’est pas facile pour de nombreux apprenants d’avoir accès à cet enseignement à distance faute d’appareils (tablette, ordinateur portable, télévision ou Radio). Et ce n’est pas encore fini !

Nous ne sommes pas en train de nous ériger en prophète de malheur mais le risque de saturation du réseau internet en Haïti est énorme. Le PDG de la Digicel s’inquiète déjà de l’augmentation du trafic. N’imaginons même pas le scénario que donnerait la connexion de plus 30 milles utilisateurs supplémentaires.

La plateforme « Pratic » aussi peut ne pas pouvoir recevoir toutes les connexions simultanées qui arriveront. Ce qui se passe souvent sur le site de l’UEH au moment des inscriptions en lignes pour les concours d’admission. Donc, ne voilons pas la face, les problèmes sont présents. Il ne s’agit plus de faire des « COPIER /COLLER » des mesures prises dans d’autres pays.

En clair, nous sommes en train d’assister à la propulsion de tous les problèmes qu’on tardait à régler depuis des décennies. À présent, ils se projettent à notre visage à l’instar d’une acné pressée d’une force inouïe. Pire encore, la mise en place de cette formation à distance en lassant de coté certains apprenants va accentuer à coup sur les inégalités que nous vivons actuellement.

Jean Rico PAUL

Psychologue de formation

3 étapes pour vous former GRATUITEMENT sur internet pendant le confinement

Voulez-vous profiter de la période de confinement pour vous former gratuitement ? C’est possible. Vous pouvez apprendre presque tout ce que vous voulez, et presque dans toutes les disciplines : droit, psychologie, administration, environnement, informatique, langue, intelligence artificielle, etc. C’est simple et facile. Voici comment y arriver en 3 étapes !

Juste avant d’aller aux étapes, un peu de pédagogie ! Avez-vous déjà entendu parler des MOOC ? Si oui, c’est déjà un acquis précieux pour avancer avec assurance ; si non, vous êtes au bon endroit pour tout comprendre d’un seul coup et lisez donc avec parcimonie !

L’acronyme MOOC, basé sur les initiales de Massive Open Online Course (en français CLOM : Cours en Ligne Ouverts et Massifs), désigne un type de formation en ligne via des cours (textes et vidéos) permettant à tous d’y accéder, soit à titre gratuit soit de manière payante, et d’obtenir à la fin un certificat ou de passer des tests pour la validation des acquis.

Plusieurs dizaines de milliers de MOOC sont aujourd’hui en ligne, dans presque toutes les langues, mis en ligne par les plus grandes institutions académiques du monde, comme Harvard, MIT, Berkeley, ULaval, Paris-Saclay, etc. Pour les suivre, rien de plus simple. Il vous suffit de vous inscrire auprès de l’université demandée ou via des plateformes internationales. Les plus connues sont Udacity, Coursera, edX et FUN (France Université Numérique)[i]. Maintenant, place aux étapes !

1. Arrêtez au flux d’informations sur le Covid-19

Vous êtes hyper-connecté(e), hyperinformé(e) sur l’évolution de la pandémie ? Ce n’est pas une bonne idée. Je vous le répète : « ce n’est pas du tout une bonne idée ». D’ailleurs, dans notre précédent article, Jean Rico Paul vous a déjà conseillé les comportements à adopter pour bien vivre la période de confinement (Cliquez-ici pour lire l’article). Je les ai incorporés, et ça fonctionne à merveille.

En fait, les médias – surtout les médias d’actu en continu – diffusent des informations pour susciter l’émotion ; pour faire du sensationnalisme. Un événement très simple peut faire l’objet de 10 articles dans un même média, avec à chaque fois un focus qui vous fait flipper. Vous devez être informé(e) certes, mais faites-le intelligemment. Comment ? Si vous êtes obligé(e) à surfer sur le net tout le long de la journée, désabonnez-vous aux médias d’actualités en continu. Par ailleurs, lisez les sources d’informations crédibles deux fois par jour (je vous conseille : à midi et à 18 heures, pour ne pas gâcher la journée).

2. Disposez un peu de temps pour l’apprentissage

D’aucuns pensent que le temps du confinement ne soit pas aussi précieux que le « temps normal ». C’est complètement faux. Même quand vous ne faites pas de télétravail, votre université ne continue pas à fonctionner en ligne, ce temps mérite d’être organisé, d’être géré.

Tous les soirs ou les matins avant de quitter le lit, faites un emploi du temps avec l’ensemble des activités à réaliser au cours de la journée. Un peu de sport, le temps des repas, des tâches ménagères… Accordez un temps particulier à vos proches ; aux loisirs : jouez aux jeux vidéo, regardez des séries télévisées, surtout pratiquer ou apprendre un sport cérébral, un jeu de société (échec, jeu de dames…).

Le clou : il est nécessaire d’accorder un peu de temps à l’apprentissage. Mise à part la lecture et l’écriture, accordez 1 à 2 heures par jour à un MOOC. Pour bien fixer ce temps d’apprentissage dans votre emploi du temps, une bonne connaissance de vous-même vous suffit. Par exemple, j’apprends mieux la nuit : alors, je suis mes MOOC de 20 heures à 22 heures. Vous pouvez le fixer également dans la matinée, soit après les exercices physiques et le petit déjeuner. En tout cas, faites comme vous voulez. D’ailleurs, c’est l’une des valeurs des MOOC : on est libre de choisir son horaire et son rythme d’apprentissage, n’est-ce pas génial ?

3. Bien choisir votre MOOC

Choisir votre MOOC peut vous paraître difficile. Vous aurez tendance à vous inscrire dans plusieurs en même temps, sans pouvoir vous concentrer véritablement sur aucun… Pour bien y parvenir voilà ce qu’il faut faire :

En premier lieu, comparez les cours en ligne sur Class Central, qui est un site qui répertorie tous les MOOC disponibles à l’échelle mondiale, tout en les comparant et les évaluant. Cela peut vous permettre de choisir le mieux noté, le meilleur dans le champ souhaité, dans votre champ d’étude, je suppose.

En deuxième lieu, privilégiez des MOOC gratuits. Plusieurs plateformes proposent des MOOC gratuits, avec une certification payante. Pas la peine de vous affoler pour cette catégorie. Ce ne sont pas des diplômes d’établissements. Ils attestent juste que vous avez été assidu(e) et que vous avez réalisé avec succès les exercices. Matthieu Cisel, post-docteur à l’Université Paris-V, a conclu, à la suite de ses recherches, que la valeur économique de ces certificats n’est pas encore démontrée.

En troisième lieu, c’est à propos d’une question qui vient en boucle, que nombreux posent sur les réseaux sociaux et les forums : quel type de MOOC suivre ? Vraiment, ce n’est pas si évident. Parfois quand on monte sur la plateforme, soit on ne voit pas quoi choisir, soit on veut tout choisir.

Bref, il y a des cours théoriques : je vous conseille de les suivre s’ils s’inscrivent dans le cadre de votre formation ou si vous voulez combler des lacunes. Après quoi, suivez des MOOC pratiques ! Il est mieux de choisir un cours qui peut vous servir dans vos travaux et/ou être utile dans la vie professionnelle. Je pense à ceux sur le management, la gestion de projet, l’administration, les langues étrangères, entre autres ; des MOOC dont les compétences acquises peuvent être utilisées dans votre quotidien.

Que faire maintenant ?

J’espère que vous aviez bien compris la démarche ; et que vous vous posez la question : que faire maintenant ? Alors, accrochez-vous !

  1. Réfléchissez quel(s) cours voulez-vous suivre ;
  2. Fixez combien de temps souhaiteriez-vous y accorder par jour ou par semaine et durant quelle tranche de la journée ;
  3. Montez sur les plateformes (Udacity, Coursera, edX, FUN) pour regarder s’ils sont disponibles, puis comparez les sur Class Central ;
  4. Assurez-vous que le cours et la certification sont gratuites, et que le syllabus est adapté à vos attentes ;
  5. Inscrivez-vous en ;
  6. Lancez-vous à fond et Never give up!

Si ces conseils vous ont plu et peuvent-vous être utiles, ou vous avez des questions, laissez-nous un commentaire, nous serons heureux de vous répondre. Et n’hésitez pas de partager cet article pour aider d’autres personnes !

Micky-Love Myrtho Mocombe

[i] Cliquez sur chaque nom de plateforme citée dans l’article pour y accéder directement.

Comment vivre au temps du Coronavirus ?

Mis en avant

Pendant 2 ou 3 jours de confinement, j’ai remarqué une grande fatigue le soir à la suite de chaque journée sans trop d’activités. Des épuisements jamais ressentis auparavant. Alors que toute ma journée était ponctuée d’activités (écouter la radio, lire des articles de presse, discuter avec mes amis, etc.) sur le fameux sujet d’actualité « Coronavirus ». En faisant le bilan, j’avais le sentiment d’avoir passé à côté de quelque chose et aussi d’avoir perdu mon temps en me focalisant sur ce virus. Conséquence : une grande fatigue me colle à la peau. Alors je me suis demandé ce qui m’empêchait de vivre, au moins au minimum. C’est ainsi que j’ai pu faire ces réflexions que je vous résume en cinq (5) points.

Confinement ou pas, l'ennui est loin d'être négatif, comme le montrent plusieurs études scientifiques.
ALINA KVARATSKHELIA VIA GETTY IMAGES

En premier lieu, arrêtez les flux d’informations

Les médias aiment diffuser les informations qui suscitent beaucoup d’émotions. Des mots et expressions frappantes sont souvent utilisés pour capter votre attention. Puisque ces nouvelles sont souvent mauvaises, vous vous sentez concernés et cela vous interpelle fortement. Et l’angoisse vous gagne peu à peu, jusqu’à ce qu’elle vous envahit totalement. Alors rester toute une journée devant la radio, la télé ou encore sur le net pour se tenir informer des dernières nouvelles, est une mauvaise idée. Mieux vaut se donner des limites en s’informant seulement deux fois par jour pour une durée ne dépassant pas 30 minutes.

Evitez les ruminations

La prise de connaissance des dernières nouvelles vous pousse souvent à repasser en boucle ces informations dans vos pensées. Ces dernières marchent souvent avec des émotions négatives puisqu’elles sont elles-mêmes négatives. Ce qui risque d’engendrer de la fatigue. Alors, je vous conseille de passer toute suite à une nouvelle activité pouvant accaparer toute votre attention. Des activités comme la lecture, écouter de la musique, jouer à un jeu de société, etc.

Organisez des petites séances en famille

Laissez le temps filer n’est pas la meilleure option durant le confinement. Si vous ne prévoyez de rien faire comme activité, vous risquez de passer des journées monotones et ennuyeuses à la maison. Vous devez envisager de planifier votre journée en variant les activités et aussi en laissant certaines heures creuses (pour ne rien faire). En cette direction, vous allez rythmer votre vie pour vous adapter.

Faites le point sur vous-meme !

Vous n’êtes pas sans savoir que le temps se divise en trois parties : « le passé », « le présent » et « le futur ». Votre présent « actuel » vous donne la possibilité de penser au passé pour avancer avec beaucoup plus d’assurance dans le futur. Cela se passe par une auto-analyse qui consiste à penser en profondeur sur votre passé : manière de comportements, vos relations, votre boulot, votre étude, l’image que vous avez sur vous-même… Au bout de 3 ou 4 jours, vous saurez quoi faire pour vous améliorer.

Gardez les liens déjà construits

Etant resté cloîtrer à la maison, n’oubliez pas de prendre les nouvelles de vos collègues, amis et familles.  Ce petit geste peut être d’un grand réconfort surtout pour ceux qui vivent dans la solitude, loin des siens. C’est aussi une marque de solidarité face à cette distanciation sociale qui nous protège contre la propagation du Covid-19.

Malgré le confinement et l’isolement qui vous donnent l’impression de vivre au ralenti, continuer à vivre, c’est bien ce qui vous importe le plus. L’application de ces points abordés ci-dessus vous facilite cette expérience inédite que nous vivons tous. Et surtout n’oubliez pas de vivre !

Jean Rico Paul, Psychologue de formation

Téléphone portable à l’école : d’insupportable à profitable

Le téléphone est l’instrument technologique le plus répandu dans nos sociétés. Sa généralisation est surtout liée à la démocratisation de son prix. Même dans un pays pauvre comme Haïti, l’usage des Smartphone devient monnaie courante. Aujourd’hui, un enfant ayant en sa possession cette technologie de l’information et de communication ne provoque guère d’étonnement. Là où les choses se compliquent, c’est lorsque l’enfant (ou un ados) pénètre la salle de classe avec ce gadget électronique. Nombreux sont ceux qui pensent que l’usage du Smartphone à l’école devrait être interdit tout simplement, pourtant d’autres voient l’opportunité d’un enseignement plus adapté au monde actuel.

CP : JFJacobsz

Généralement, c’est au tout début du troisième cycle du primaire, donc vers l’âge 11-12-13 ans, que les parents décident de permettre l’usage du Smartphone. C’est souvent un cadeau donné à l’élève pour avoir brûlé une étape décisive dans sa carrière scolaire sans pour autant préparer l’enfant à faire un bon usage de l’appareil. Bien que c’est très difficile à faire !

À l’école, les portables sont souvent insupportables

Normalement, à l’école, le Smartphones doit être éteint et  bien rangé dans son sac. Mais souvent, au bout 15 minutes, le besoin d’utiliser son portable se fait sentir. Parfois c’est simplement pour vérifier ses notifications ou encore pour  regarder l’heure. D’autrefois, c’est pour envoyer un SMS, mettre un statut sur WhatsApp, actualiser son compte Facebook, etc. Mais peu importe le motif, l’attention portée au cours est déviée. Donc le processus d’apprentissage est perturbé.

En France, par exemple, l’une des raisons qui ont poussé les décideurs à interdire les téléphones portables à l’école est le fait que leur utilisation diminue la qualité de vie collective, ce qui est indispensable à l’épanouissement des élèves. C’est-à-dire, l’interdiction donne la possibilité à l’élève de sortie de sa bulle pour aller vers ses camarades. Cet objet absorbant est aussi très nocif pour la sante des élèves (aussi les adultes), à cause surtout de la fameuse lumière bleue.

Et si l’on profite des cet outil technologique pour enseigner

Un jeune avec son Smartphone peut ne pas qu’écouter de la musique, jouer, envoyer des SMS ou téléphone à l’école. Aujourd’hui, le Smartphone a des fonctionnalités capable de faciliter la formation des élèves tant dans la classe qu’à la maison. Cela consiste, bien sur, à préparer les enseignants à adapter leur enseignement à cette nouvelle réalité, mais cela peut s’avérer très bénéfique pour l’élève.

Dans un cours d’anglais, par exemple, certaines applications comme apprendre l’anglais et Luvlingua sont susceptibles à devenir des compléments du cours. Un autre exemple ! Pour l’enseignement du français, l’application Projet Voltaire est formidable outil consistant à familiariser l’élève aux différentes règles de grammaire. Bref, des expériences inédites et efficaces dans l’enseignement sont maintenant possibles. Il suffit de faire travailler son imagination pour tout tenter.

Alors la quasi-unanimité des opinions sont défavorables à l’usage des Smartphones au sein des établissements scolaires. L’attention et la concentration sont souvent les premières à être touchées. Ce qui pourrait mettre en péril tout le processus d’apprentissage. Mais cette technologie peut s’avérer être une valeur ajoutée dans la transmission du savoir. Surtout en utilisant des applications comme compléments des matières à enseigner.

Jean Paul Rico

Juste une petite sieste pour un élève plus performant

Contrairement à une idée reçue, le sommeil, voire la sieste, n’est pas du temps perdu. C’est un état physiologique qui s’inscrit dans le fonctionnement normal de l’organisme. C’est-à -dire nous sommes programmés à  dormir jusqu’à un tiers de notre vie. D’ailleurs le sommeil nous permet non seulement que nous récupérions de la fatigue physique et intellectuelle, mais aussi que nous soyons vigilants et performants dans les phases d’éveil qui suivent. Alors, qu’en est-il de la sieste ?

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La sieste peut être considérée comme un petit sommeil durant la journée. Pour mieux dire, elle correspond à un stade de sommeil léger. Selon plusieurs chercheurs, la sieste comporte de nombreux bienfaits pour l’organisme. Parmi lesquels, elle permet de compenser en partie la dette de sommeil accumulée au fil des jours (Vera Smayan).

Selon les recommandations de l’American Academy of Sleep Medicine, l’enfant a besoin plus de 9 heures de sommeil par jour. Pour un enfant scolarisé, qui se lève très tôt (entre 6h et 6h30) pour se rendre à l’école, il est quasi-impossible de passer autant de temps de sommeil durant la nuit. La journée s’impose comme une alternative servant à compenser les temps de sommeil perdus.

 En plus, entre sortir de la maison pour l’école et prendre le chemin du retour (les heures de classe et recréation), l’enfant [élève] est soumis  à  de nombreuses activités sollicitant une attention soutenue et  beaucoup d’énergies.  Alors après au moins 5 heures d’activités à l’école, l’enfant a un grand besoin d’un moment de transition visant à permettre une bonne récupération.

Pour cela, la sieste constitue une issue très bénéfique pour l’élève et ceci à deux niveaux. D’un coté, la sieste permet de pallier à son manque de sommeil, et de l’autre coté, elle garantit son regain d’énergie capable de diminuer drastiquement sa fatigue physique et intellectuelle. L’heure idéale pour faire cette petite sieste est comprise entre 13 et 15 heures. Au-delà de 15 heures, le risque de la perturbation du sommeil nocturne devient plus grand. Et surtout, son temps de sieste ne doit pas dépasser les 30 à 40 minutes.

Selon le neuroscientifique Stanislas Dehaene, le sommeil facilite la rétention des informations apprises. C’est d’ailleurs pendant  le sommeil que les informations sont intégrées dans la mémoire à long terme. Ce qui signifie que la sieste permettrait à l’élève de mieux emmagasiner les notions apprises pendant les heures de cours.

Alors, le sommeil fait partie intégrante de notre vie. Pour le bon développement physique et intellectuel de l’élève, le respect de son temps de sommeil doit être scrupuleusement observé. La sieste parait être un bon copain de l’apprentissage et de la mémoire. Donc il est plus facile pour l’élève d’étudier et faire ses devoirs juste après une bonne trentaine de minutes de sieste après la sortie de l’école.

Jean Rico PAUL

Comment devenir un vrai autodidacte ?

Etre autodidacte est le rêve de beaucoup de gens. Si vous lisez cet article, cela peut signifier que c’est aussi votre rêve. Fort souvent, le terme « autodidacte » est souvent galvaudé, ce qui a pour conséquence la construction d’une conception erronée des autodidactes. En ce sens, nous pouvons tourner vers l’auteure du livre Les héritiers du Capital, Marie Ymonet, qui explique ainsi le terme :

« L’autodidacte n’est pas celui qui apprend tout seul (ce qui à proprement parler ne veut rien dire), mais celui dont les connaissances ne sont garanties par aucun titre et défendues par personne ».

C’est-à-dire, l’autodidacte puise ses apprentissages des autres de manière indirecte et  en toute autonomie à travers les livres, des sites internet, les conférences, les débats, etc.  Et cet apprentissage n’est pas sanctionné. Mais comme tout processus d’acquisition de connaissances ou encore de compétences, y compris dans l’autodidaxie, suscite l’implication de toutes les dimensions de la personne. Ce processus transcende sa sensibilité, enrichit son imagination, façonne sa conception et aussi  contribue à la formation de sa représentation de soi.  En fait, l’autoformation permet de gagner son indépendance et apprendre à son propre rythme. Mais devenir autodidacte exige un cheminement  capable de :

Cibler son domaine d’apprentissage

Le premier acte à poser pour devenir autodidacte est de cibler son domaine d’apprentissage. Et cela doit se faire avec un niveau de précision très poussée pour éviter  d’être diffus. Choisir son domaine d’apprentissage consiste à définir de manière claire et précise un champ de connaissance à apprendre. Pour mieux prendre cet engagement, il est conseillé d’établir les raisons qui vous poussent à investir le domaine en question.

Chercher à acquérir les connaissances de bases

Vous savez fort bien que le savoir est une pyramide. Il est donc primordial de maîtriser les connaissances de base dans le domaine  avant d’aller vers les plus complexes. Sinon, vous risquez de vous perdre en chemin et jeter l’éponge.  Si vous voulez maîtriser la philosophie par exemple, commencez par lire des manuels de philosophie ou d’effectuer de recherches sur les grands courants philosophiques avant de se diriger vers des livres spécialisés.

Aller vers les autres

Etre autodidacte ne signifie pas strictement de rester dans son petit coin en train d’emmagasiner de connaissances ou de compétences. N’hésitez pas à taper aux portes, discuter avec les initiés, partager avec les autres vos connaissances et produire vos propres réflexions sur des sujets relatifs au domaine. 

Développer une intelligence de situation

Intelligence de situation est un concept développé par David Autissier dans son livre intitulé Intelligence de situation : Savoir exploiter toutes les situations. Dans cet ouvrage, l’auteur définit l’intelligence de situation comme suit : c’est la capacité pour une personne de comprendre les enjeux et les personnes dans le cadre d’un échange avec la volonté d’obtenir un résultat en profitant des opportunités et des possibilités. En développant cette intelligence, elle vous permet d’affiner votre connaissance dans le domaine dans la quasi-totalité des situations du quotidien. Un simple événement peut vous apprendre plein de choses de manière fortuite.

Appliquer concrètement les connaissances

Après avoir passé un nombre de mois à travailler sur un domaine et vous avez le sentiment d’avoir maitrisé le champ, il vous reste maintenant à passer à l’action en appliquant concrètement ces connaissances apprises dans votre vie professionnelle voire d’entamer une nouvelle carrière professionnelle. Certainement, cela ne passera pas comme celui qui a fait des études dans une institution, mais en vous vendant à la Radio, à la télévision et sur internet notamment, vous pouvez clairement vous distinguez des autres.

Alors, maintenant, tout repose sur votre confiance en soi pour franchir le cap et devenir autodidacte. Ensuite, il vous faudra un peu de persévérance au début pour s’habituer à cette nouvelle réalité. Et pour s’y accéder, votre capacité d’adaptation sera mise en œuvre. Et enfin, viendra le moment où la gamme de motivation finira par baisser. Alors pour remonter la pente, il suffira de vous rappeler les raisons qui vous ont poussé à entreprendre cette aventure.

 Jean Rico PAUL