Des conseils pratiques pour le déconfinement

Après plusieurs semaines de confinement, avec certaines habitudes qui se sont installées dans votre vie ou, au contraire, l’ennui qui ponctue vos journées dès les premiers jours, vous devez commencer à préparer votre dé-confinement. 

Dans le premier cas, vous aurez tendance à avoir peur à reprendre contact avec les autres puisque vous aviez vécu pendant un bon bout de temps dans le calme à la maison et dans un environnement social très restreint.

Dans le second cas, le besoin de vous sentir libre vous envahira dès le premier jour et engendra l’envie de rattraper le temps perdu, d’où les comportements excessifs qui feront surface. Pourtant le mieux est d’éviter les deux extrémités en calmant le jeu. Comment faire, dites-vous ? Eh bien, lisez jusqu’à la fin ! 

Rappelez-vous du confinement, il a été brusque. Vous n’aviez même pas une semaine pour prendre vos propres dispositions personnelles. Tout s’est passé tellement vite. C’était en quelque sorte, un choc pour beaucoup d’entre vous. Heureusement vous pouvez éviter le même scénario pour l’APRÈS. Puisqu’aux environs de mi-mai, plusieurs pays comme la France et la Belgique envisagent de commencer le dé-confinement.

Informez-vous des mesures de déconfinement

Le point de départ d’une bonne préparation se construit à partir des informations fournies par les autorités sanitaires sur le début de la revitalisation de la vie sociale. Vous devez prendre en compte les différentes étapes de cette reprise des activités sociales et économiques. De cette façon, vous aurez la possibilité de construire votre agenda en fonction du plan de déconfinement du gouvernement. En même temps, ne mettez pas à l’esprit que ce plan est définitif. Il peut subir des modifications à tout moment, surtout si la situation se dégénère à nouveau. Le mieux est de vous préparer à toutes éventualités tout en restant optimiste. 

Ranimez les liens

Le confinement a pour vocation de diminuer les contacts physiques entre les gens. Mais la levée de cette mesure vous permettra de retrouver vos proches. Cependant, il faut rester vigilant puisque la brume n’est pas encore dissipée. À présent, commencez par entrer en contact avec vos proches, vos collègues et toutes personnes faisant partie de votre cercle immédiat par téléphone ou autres moyens de communications. Cette fois-ci, ce n’est pas simplement pour prendre de leurs nouvelles mais essayez de tenir une vraie conversation avec eux. Parlez très peu du passé mais beaucoup des jours à venir ! Ce qui vous ouvrira la porte vers d’autres horizons. 

Déjà, c’est une bouffée d’air frais qui s’infiltre dans votre vie, avec de l’espoir. Ainsi, lorsque vous les rencontrerez physiquement, vous pourrez facilement renouer les liens avec eux sans trop de difficulté.

Une petite préparation proprement dite

Les premiers jours du post-confinement doivent être vécus avec beaucoup de prudence. Ce n’est pas encore le moment de revenir à la vie d’avant. Vous êtes juste au début de la fin d’une crise sanitaire. Donc, une bonne planification s’impose. Tout d’abord,  pensez aux choses que vous aimeriez faire ces jours-là. Ensuite listez-les et écrivez au moins trois raisons pour lesquelles vous devriez faire chacune de ces choses. Par la suite, veillez à ce que ces activés ne rentrent pas en contradiction avec les consignes établies par les autorités sanitaires. Et enfin, priorisez les choses qui vous donneront envie de vivre et de croire en l’avenir. C’est d’ailleurs très important pour votre relance. 

En faisant ce petit exercice, vous réduisez les tensions des premiers jours. Anxiété, Stress ou encore confusion ne seront pas au rendez-vous. Puisqu’en étant préparé, vous n’aurez qu’à vivre pour de vrai vos petits projets au quotidien.

Soyez raisonnable dans vos attentes

On a souvent tendance à placer la barre très haute, toujours besoin de faire d’une pierre plusieurs coups. Mais vous savez bien, dans la vraie vie, tout ne se déroule pas toujours comme prévu. Pour éviter ce piège et ne pas tomber dans la frustration, trouvez un moyen de limiter la taille de vos attentes. Restez seulement sur ce qui est essentiel pour vous. Ainsi, vous éviterez les mésaventures.  Le moment venu, prenez le soin de bien comprendre ce qui se passe autour de vous. Et ne laissez pas vos attentes empiétées fortement sur votre façon de voir les choses. Ça peut déformer votre perception des faits. 

Pour ne pas arriver jusque-là, prenez le temps de réfléchir et soyez ouvert à toutes éventualités. Parce que, devant cette nébuleuse, il n’est pas facile de tout prévoir. Alors vivez tout en étant responsable et réaliste, surtout en respectant les fameux gestes barrières contre le nouveau coronavirus. 

À noter que la vie est faite de difficultés, c’est d’ailleurs en les confrontant que nous parvenons à devenir plus fort et plus résilient. 

En appliquant ces conseils, votre déconfinement sera moins tumultueux et vous serez en même temps protéger d’une éventuelle deuxième vague de la pandémie en respectant les limites fixé par les autorités sanitaires. Pour finir, sachez que le déconfinement ne sera pas un retour à la vie normale, alors vivez avec modération et circonscription pour protéger non seulement votre vie mais celle des autres.

Soyez réfléchis !

Jean Rico PAUL

Psychologue de formation

Êtes-vous « POUR » ou « CONTRE » la promotion automatique ?

Promotion automatique pour trois premières année à l’école en Haïti, oui mais…

Avant d’opter en faveur du « POUR » ou du « CONTRE, il est important de comprendre les enjeux d’une telle reforme permettant aux élèves de la 1ère, 2ème et 3ème année fondamentales à passer à la classe supérieur sans examen de passage. Selon le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le bien-fondé de cette mesure réside dans « l’immense gaspillage de ressources au niveau du premier cycle fondamental par le fort taux d’abandon scolaire en raison du redoublement ; et la nécessité de promouvoir et d’améliorer l’efficacité interne du système éducatif haïtien. » est-ce que cette mesure peut vraiment répondre à ces préoccupations ?

Photo UNICEF

Effectivement, le redoublement est souvent perçu comme une réponse inadéquate apportée pour indiquer le niveau trop faible de l’élève pour accéder au niveau supérieur. Pourtant, on constate souvent que  « les élèves ajustent leurs efforts à la présence (ou non) d’évaluations et orientent leur attention en fonction des épreuves finales. » (Rey et Feyfant, 2014). Et nombreux sont ceux qui sont motivés par les évaluations sommatives finales, qui, en quelque sorte, façonnent largement l’apprentissage des élèves. En plus, ces évaluations sont des outils de gestion de classe pour les enseignants.    

Devant cette réalité, nous devons être très prudents face à cette reforme. Surtout, dans notre société, nombreux parents ne tiennent pas vraiment des acquis de leurs progénitures mais des décisions finales de fin d’années. Parmi lesquels, certains poussent leurs enfants à travailler à la maison pour obtenir de bonnes notes à l’école et pour passer en classe supérieure. D’autres ne prennent pas en compte les bonnes notes, il suffit que l’enfant ne redouble pas la classe.

Cependant, l’aide fournie par les parents ou les proches à la maison est cruciale et facilite beaucoup la consolidation des apprentissages de la lecture, de l’écriture et des mathématiques notamment des élèves. La perte de ces efforts est imminente compte tenu l’objectif final des parents : le passage en classe superieure de mon enfant. Et le jeune écolier ne comprend pas encore tout ce qu’impliquent les compétences de base (lecture, écriture et calcul) dans son parcours scolaire pour s’en soucier.

En fait, cette mesure est certes très efficace pour combattre le phénomène de redoublement et d’abandon scolaire pendant les trois (3) premières années à l’école (c’est comme marcher pieds nus pour éviter de salir ses chaussures), mais pas pour les autres années du 1er cycle du fondamental. Puisqu’à la suite de ces années sans redoublement ou d’abandon scolaire, viendra le temps des décisions de fin d’année. Et ceux qui n’ont pas bien maîtrisé les compétences de base (lecture, écriture et mathématiques) se trouveront dans une situation de non retour. Avec un peu de chance, ils pourront passer le cap de la 8ème année fondamentale.

Cette décadence se justifie par un manque accru de motivation pour les travaux scolaires chez certains élèves, puisque l’on veuille ou non, la classe supérieure est assurée. Les efforts des élèves seront donc très limités. Ce qui engendra aussitôt un bas niveau en lecture, en écriture et en mathématiques. Et la maîtrise de ces matières est très importante pour arriver à tenir dans les autres classes.

Alors cette mesure semble présager un affaiblissement encore plus grave de notre système scolaire. Sachant que les classes 1er, 2ème et 3ème années fondamentales sont déterminantes dans la performance des élèves dans les classes ultérieures.

Jean Rico PAUL

Psychologue de formation