Les séismes en Haïti coûtent chers au secteur éducatif

12 janvier 2010 a été l’un des moments les plus sombres de l’Histoire d’Haïti. Jour où des secousses souterraines ont déstabilisés les murs de béton pour colorer le sol en ROUGE. Cette couleur laissée par les entrailles de la terre haïtienne laisse une marque indélébile dans l’esprit des survivants et aussi dans l’esprit du peuple haïtien. Dix (10) ans plus tard, elle ne se range pas encore dans la pièce du passé. Elle reste même collée au bâtiment symbolisant la tête du peuple haïtien, le Palais National.

Le séisme du 12 janvier 2010, par son caractère dévastateur combiné aux constructions anarchiques, a hypothéqué l’avenir du pays en détruisant, selon les données recueillies par le ministère de l’éducation, plus de 4.000 écoles et en emportant la vie de plus de 30.000 élèves et 1.400 enseignants. Dans un pays où l’accès à l’éducation reste encore un luxe pour plus de 200.000 enfants (Banque Mondiale, 2016) et une « fuite » importante d’enseignants vers des pays étrangers à cause de leur situation socio-économique dégradante, c’est une perte énorme.

Il y a environ 3 ans, en octobre 2016, un séisme de magnitude 5.9 a frappé le grand Nord du pays. Ce tremblement de terre a détruit ou endommagé 79 écoles dans le département du Nord et de l’Artibonite. Ce qui représente une perte énorme pour le pays le plus pauvre de l’Amérique.

Ce qui engorge le plus le pays dans la durée, ce sont les travaux de reconstruction. À chaque fois, des promesses de reconstruction ont été énoncés. De nombreuses années d’attentes et aussi, des travaux inachevés. Pour les établissements scolaires, nous ne parvenons pas à trouver des chiffres. Mais, selon plus d’un, une minorité d’établissements scolaires ont été reconstruits. Ce qui représente un manque à gagner pour le secteur.

Ces drames qui risquent de se reproduire, génèrent encore plus d’inégalités sociales. Puisque nombreux sont les parents qui ne parviennent pas à se reconstruire et aussi n’arrivent pas à répondre au besoin du pain de l’instruction de leurs progénitures à cause l’effondrement de tout ce qu’ils avaient construit.  Sans parler des écoles que leur reconstruction tarde encore à venir.

L’anniversaire du séisme du 12 janvier 2010 rappelle aussi la menace sismique qui  guette la deuxième ville du pays, Cap-Haitien. Les propos rapportés dans un article publié dans les colonnes du quotidien haïtien Le Nouvelliste titré « Après 1842, un autre séisme menace la ville du Cap-Haitien », sont alarmants. Puisque selon l’Ingénieur Claude Prépetit, plusieurs failles traversent la Ville du Cap et du même coup, il dénonce le mode de construction de cette ville ne respectant pas les normes conventionnelles et parasismiques. Toujours d’après l’article, ces failles risquent d’engendrer des séismes dépassant la magnitude 8. Tout ceci pour montrer que la menace est grande. Et les établissements scolaires seraient parmi les bâtiments les plus touchés en cas de tremblement de terre dans cette ville.

Alors, les séismes conduisent le pays, au fil du temps, à terrain inconnu capable de mettre à dos la nation haïtienne. Les dirigeants, quant à eux, agissent au gré du vent, donc sans aucune une direction précise et déterminante pour  « re -» hausser le pays. Entre temps, certains enfants sont condamnés à ne pas utiliser le plein potentiel de leurs matières grises à cause de leur non-scolarisation. Sans compter les enseignants qui quitte le pays pour une vie meilleure dans un pays étranger. Pourtant, le pays ne cherche pas encore à réduire son niveau de vulnérabilité par rapport au tremblement de terre à venir. Surtout, Cap-Haïtien se trouve au cœur de plusieurs failles capable de générer des séismes encore plus important, en termes de magnitude, qu’Haïti n’a jamais connu. Pourtant certains bâtiments où abritent des écoles font froid dans le dos en raison de l’état lamentable dans lequel ces établissements scolaires se trouvent.

Jean Rico PAUL

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